La mort de l’Europe, de la Baguette et des plages normandes

Le Time, daté du 22 août, annonce sèchement la fin de l’Europe et de l’euro. Avec Londres en feu, le continent ne peut compter que sur la France et l’Allemagne. Surtout l’Allemagne qui, selon la journaliste Rana Foroohar, est le seul pays à pouvoir diriger l’effort de relance économique. En effet, l’article oublie la France à l’exception d’un passage expliquant que « les Français ont moins de dette que les Américains » et que « le gouvernement a mis en place un plan agressif pour réduire l’emprunt, mais certains disent qu’il n’atteindra pas ses objectifs ». Aux yeux des Etats-Unis, le Vieux continent n’est pas prêt de retrouver la forme.

S’il y a bien une chose que les Américains nous envient, c’est notre patrimoine. Un distributeur automatique qui propose des baguettes chaudes et fraîches 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en plein Paris ? Impensable pour les touristes américains, estime la journaliste du Los Angeles Times Mary Forgione. Pour eux, aller chercher une baguette dans une boulangerie française est un rituel obligatoire à chaque voyage en France. « Talk about a buzz kill » estime-t-elle. La faute au boulanger Jean-Louis Hecht qui est l’auteur cette machine qu’il appelle lui-même « la boulangerie de demain ».

« Qui aimerait ce pain à-la-demande ? » demande la journaliste qui utilise le verbe « spit out » (recracher) à plusieurs reprises, preuve qu’elle n’apprécie pas du tout cette invention. À Paris, le distributeur écoule déjà 80 baguettes par jour, et Jean-Louis Hecht compte bien aller plus loin. En plus des villes et des villages français, il estime que son invention dispose d’un potentiel international, en Europe ou, aux États-Unis où les consommateurs sont friands de «French baguette». Sûrement mais apparemment pas sortant d’un distributeur.

Autre bijou auquel il ne faut pas toucher : les plages du Débarquement. Le journaliste de Foxnews.com Edmund DeMarche annonce une nouvelle invasion sur les côtes normandes : celle d’éoliennes. En effet, dans le plan d’éolien offshore annoncé par Nicolas Sarkozy en janvier dernier, des « wind turbines » sont censées se dresser près des plages où ont eu lieu le débarquement de 1945, parmi elles Utah ou Omaha. « Profanation » s’indigne un vétéran blessé sur l’une de ses plages. Ce projet énergétique français, prévu pour 2015, ne plait ni aux Américains ni aux Canadiens qui voient en ces lieux un endroit de « pèlerinage » où des « milliers de soldats » sont morts. Selon l’article, les habitants de la région se plaignent mais pas les élus locaux qui « se réjouissent et estiment qu’il n’y aura pas d’impact sur la pêche ou sur le tourisme ». Et sur l’image de la France ? Imaginez, un instant, les photos des futures commémorations avec le président américain avec les éoliennes en fond… Selon le journaliste, le gouvernement français est conscient de la sensibilité de la question. Mais on met peu d’espoir dans un changement de ce projet conçu pour alimenter en énergie toute une région.