La Nouvelle-Orléans drague les touristes français

« Nous souffrons d’un problème d’image et cela est injuste”, expliquait Kim Priez,  vice-présidente du tourisme pour la Nouvelle-Orléans au cours d’une conférence tenue cet automne pour la presse étrangère.  Doté d’un budget de marketing de 3,2 M$, le groupement Southcoastusa qui regroupe quatre états qui ont souffert des ouragans (Alabama, Louisiane, Mississipi, Floride) a entrepris une campagne pour cibler avant tout la clientèle internationale.

Pour plaire aux touristes français, la Nouvelle-Orléans et d’autres villes comme Mobile (Alabama) entendent capitaliser sur l’héritage français. « Au XIXe siècle, la ville était surnommé la “Nouvelle Paris”, émerveillant les visiteurs avec son chic parisien, ses restaurants fabuleux et sa culture sophistiquée», note Kim Priez. Avant Katrina, les Français représentaient 10% des touristes internationaux. Si les chiffres récents ne sont pas disponibles, Kim Priez déplore que le nombre de Français ait baissé considérablement depuis l’ouragan. La crise s’est ajoutée, ruinant les espoirs d’une ligne directe entre Paris et la Nouvelle Orléans (les connections se faisant à Atlanta, New York et Houston).

La Nouvelle-Orléans a attiré près de 7,6 millions de visiteurs en 2009 et la ville table sur 7,8 millions en 2010, un chiffre toujours en baisse par rapport à l’avant Katrina (10,1 millions en 2004). Mais elle ne manque pas d’atouts. Depuis que Brad Pitt s’est investi dans la reconstruction de la ville avec son association Make it home, les maisons construites par son association sont une attraction supplémentaire pour les touristes. «Brad Pitt est un ambassadeur formidable pour la Nouvelle Orléans », s’enthousiasme Kim Priez.

La ville a aussi un projet d’extension du musée de la guerre civile de $300M, plus d’un millier de restaurants (contre 805 avant Katrina), de nouveaux hôtels. Le fameux hôtel Roosevelt a été refait à neuf, tandis que le Hyatt, situé à côté du Superdome qui avait été inondé pendant l’ouragan de 2005, rouvrira en 2011.

L’industrie du cinéma a découvert ce nouvel Eldorado grâce à des abattements fiscaux. La ville peut ainsi désormais compter sur la princesse Tiana, l’héroine du dernier film d’animation de Disney The Princess and The frog. « Nous nous réjouissons de la manière dont la ville est représentée dans le film. Nous avons travaillé avec les studios Disney pour promouvoir le film auprès de nos visiteurs potentiels.» Autre signe de dynamisme, l’industrie du mariage en hausse de 20 %, rapporte Kim Priez.  La ville est désormais bien lotie pour les mariages : des fleuristes aux hôtels. Brad Pitt ne fait pas partie du package.