La Pucelle, le Président et “Mademoiselle”

La célébration du 600ème anniversaire de naissance de Jeanne d’Arc, ou « Joan of Arc », par le Président français, a attiré l’attention des médias américains. Le Huffington Post souligne la « grande cuillérée de patriotisme » servie par Nicolas Sarkozy lorsqu’il récupère la « légendaire héroïne » dans un « noble discours qui, espère-t-il, améliorera son image écornée dans les esprits français ». Le site d’information affirme que l’anniversaire « ne pouvait pas tomber à un meilleur moment pour Sarkozy » en raison de sa faible cote de popularité, notant que son succès en 2007 est attribué au « siphonage des soutiens au Front National  à travers le durcissement de son image ».

Le Los Angeles Times voit dans la célébration une diversion, « une chance [pour les participants] de revivre et commémorer leur passé », même si « le rêve d’un autre sauveur national est brisé depuis longtemps ». La France serait donc en quête d’un homme ou d’une femme providentiel. « La nostalgie d’une gloire nationale perçue comme perdue a conduit certains partis politiques, en particulier ceux d’extrême droite, à adopter Jeanne d’Arc comme emblème d’un nationalisme hostile aux étrangers », note le quotidien. L’héritage de l’héroïne nationale a été évoqué par le Président au cours de la campagne de 2007, et « cela a eu l’air de jouer en sa faveur à ce moment-là ». Mais le journal doute de l’efficacité du symbole aujourd’hui. «Tous les Français ne se sentent pas une connexion avec Jeanne d’Arc, et invoquer sa mémoire ne va pas forcément appuyer sur la majorité des cordes sensibles ».

Sarkozy part « en solo »  sur la taxe Tobin

Nicolas Sarkozy reste à l’honneur des médias américains avec sa proposition de mettre en place la taxe Tobin. L’épisode est intéressant car il semble cristalliser un certain désenchantement de la presse américaine envers le Président français, qu’elle présentait hier comme « Sarko l’Américain ». Le Time ironise sur son « don de vexer ses partenaires européens, démontré à nouveau avec sa promesse d’imposer unilatéralement la taxe si le reste de l’Union européenne frappée par la dette n’embrasse pas la proposition à la fin du mois ». Le journaliste raille le fait que « l’initiative individualiste de Sarkozy » n’ait trouvé comme réponse qu’un « haussement d’épaules » chez les experts européens, appelé « haussement gaulois » par le journaliste Bruce Crumley, et rappelle la volte-face du président qui, en 1999, « ridiculisait cette même taxe, la qualifiant d’absurdité ». Cependant, il reconnaît la popularité que pourrait avoir cette mesure en ces temps de crise, et avoue que le seul risque pris par Sarkozy est « sa capacité à ennuyer profondément ses partenaires européens dont peu d’entre eux attendent autre chose de l’exaspérant et lunatique Français. »

Même réticence chez Bloomberg: « Partir en solo » est risqué, juge le site économique, qui décrit l’isolement de Nicolas Sarkozy au sein même de son gouvernement et note que « la faisabilité » d’un tel prélèvement est « remise en question par l’un de ses propres ministres », faisant référence à Valérie Pécresse, Ministre du Budget.

« Mademoiselle » interdit

Enfin, le Time s‘étonne que la ville de Cesson-Sévigné, dans la banlieue de Rennes,  ait “banni l’usage du terme “mademoiselle” sur les formulaires administratifs le 1er janvier 2012.” “Qu’est ce qui ne va pas avec “Mademoiselle”?”, s’interroge le magazine, qui trouve le terme “poli, si ce n’est joli”. Le Time explique que la controverse vient du fait que « ‘Mademoiselle’ trouve son origine dans ‘vierge’ », ce qui en plus d’être simplement sexiste, fait référence à plusieurs attributs pas toujours flatteurs selon les circonstances: “jeune, naïve et peut-être pas aussi sérieuse que son homologue « Madame », sur le lieu de travail ou lors d’occasions formelles “. Le magazine termine sur une pointe d’humour : “Cela fait de tout le monde une « Madame », désormais, n’est-ce pas?