La traduction, parent pauvre de l’édition américaine

Trouver un auteur français contemporain à New York peut relever du parcours du combattant. La traduction est un travail laborieux et qui plus est en perdition sur le nouveau continent : la part de marché de la traduction avoisine les 3% aux Etats-Unis.
C’est pourquoi l’association French-American Foundation tient à cette remise de récompenses : «Le prix de traduction littéraire s’inscrit dans notre mission de promotion du dialogue intellectuel et culturel entre la France et les Etats-Unis, explique Emma Archer, directrice de la fondation. Il s’agit pour nous d’apporter une aide financière aux traducteurs et d’encourager les éditeurs qui soutiennent des projets parfois risqués !» Le prix offrirait une certaine visibilité aux oeuvres traduites: «la traduction dans une langue dominante comme l’anglais permet à ces livres d’accéder à un marché potentiellement énorme et d’être éventuellement traduit vers d’autres langues,» explique la directrice.

Un travail solitaire

Crédit photo Jennifer Binder
Cette année, deux femmes ont remporté la mise : Linda Asher, pour la traduction de The Curtain (Le Rideau, un essai de Milan Kundera), et Linda Coverdale, pour Ravel (Jean Eschenoz). Le Rideau est le 6ème livre de Milan Kundera que traduit Linda Asher: «il faut du temps pour ce travail, et il faut par dessus tout être proche de l’auteur afin de vraiment retranscrire le message qu’il a voulu passer. Il m’arrive parfois de trouver un si joli jeu de mot que Milan change son texte! C’est un réel honneur pour l’oeuvre de recevoir ce prix.» Pour sa collègue Linda Coverdale, le prix représente la validation de son travail. «La traduction est un travail solitaire et silencieu. Si tous ces gens présents ont lu et apprécié l’oeuvre, alors j’ai bien respecté l’auteur.» Pour ces deux traductrices, peu importe la part de marché, il n’est pas question de s’arrêter. Elles ont d’ailleurs déjà de nombreuses oeuvres en attente.