La vie en rose ou presque

 «The Probe wants Julie Christie». Le Washington Post était catégorique. Mais, «big surprise», c’est Marion Cotillard qui remporte le titre dimanche soir devant le tout Hollywood. Déjà couronnée d’un César, d’un Golden Globe et d’un Bafta, la jeune Française âgée de 32 ans devient la première actrice à recevoir la statuette pour un rôle en français.

Le New York Daily news parle de “European invasion” pour décrire cette 80e cérémonie des Oscars, puisque non seulement, «the kid Cotillard» remporte l’oscar de la meilleure actrice, mais l’Espagnol Javier Bardem gagne l’oscar du meilleur second rôle masculin, et les Anglais Daniel Day-Lewis et Tilda Swinton remportent respectivement l’oscar du meilleur acteur et du meilleur second rôle féminin.

S’il y avait eu un oscar pour le meilleur discours, le Huffington Post aurait récompensé la Française pour «her broken English» et  «lenghty hugs» à Forest Whitacker.

Aux paillettes d’Hollywood, le Washington Times préfère le salon de l’agriculture. Le quotidien revient brièvement sur le dérapage du président français, nouveau «Web Hit». D’ailleurs, les journaux américains s’interrogent : «Is Sarkozy losing his cool ?» car ce n’est pas la première fois qu’il insulte quelqu’un en public. C’est pour eux l’occasion de rappeler que Sarkozy avait déjà perdu son calme lors d’une interview pour 60 minutes en traitant Martinon d’ “imbécile”.

Dans son éditorial intitulé «Sex in the Cities», Roger Cohen du New York Times décrit la différence de perception «des questions de cœur et de chambre à coucher» en France et aux Etats Unis. Et en tire une surprenante théorie à fronts renversés: Les Français semblent aujourd’hui obsédés par les amours de leurs chefs, alors que les Américains pas du tout.

Pendant longtemps, “les Américains ont été puritains ou adolescents ou naïfs ou moralisateurs. Le Français, lui, était cynique, incorrigible, réservé et mielleux. Le sexe sur la Seine et le sexe sur le Potomac procuraient des sensations différentes, le premier enrichi par l’intrigue, le second menacé par la médiatisation“.

Mais aujourd’hui: “Quel président parle de Dieu comme le «le rempart» contre « la folie d’hommes »? Quel président subit dans les sondages les aléas de ses aventures amoureuses ? Quel public semble le plus préoccupé par la vie sexuelle de ses leaders politiques ?” La réponse est évidente: Nicolas Sarkozy et les Français qui se lamentent de la pipolisation de la vie politique.

Les Américains, au contraire, semblent avoir grandi: d’accord, Barack Obama a admis avoir fumé de la marijuana et essayé la cocaine étant jeune. D’accord, John Mc Cain aurait eu une relation hors mariage avec une lobbyiste de 30 ans sa cadette. Mais «who cares ?» Autrement dit, “les Américains s’inquiètent moins de l’infidélité elle-même“: “ils se soucient du conflit d’intérêt“. Car après tout: “être humain, c’est être faillible. Et s’il y a une chose que McCain le Républicain et Obama le Démocrate partage, c’est leur indicible humanité. Ainsi, pour une dose de moralité pieuse, essayez la Rive Gauche. Mais si vous voulez un peu de leste, choisissez le Potomac“.

Un dernier petit mot sur la campagne présidentielle américaine: pour Bill Barol, Hillary Clinton vit un “Zidane Moment”. “Zidane était pro, un géant du jeu“. Mais sa carrière est à jamais entachée par un « instant de folie » : “lorsqu’il a montré qu’il ne pouvait pas contrôler son caractère comme il contrôle le ballon.” Dans une vidéo, Hillary Clinton raille Barack Obama et «vous ne pouvez pas vous empêcher de vous demander si Clinton n’a pas finalement atteint le « Zidanian moment », moment où la colère monte en vous et vous ne pouvez pas vous contrôler pendant l’espace d’une seconde“. “Le coup de boule ne résume pas la carrière de Zidane, mais c’est certainement le moment que l’on retiendra de lui“. Au journaliste de souhaiter qu’il n’en soit pas de même pour Clinton.