«Nous sommes contraints de mettre la galerie en sommeil»

Fils du peintre Bernard Boisseau, Damien et ses parents ont ouvert en 2001 la galerie Damien B. “Le premier vernissage était programmé pour le 15 septembre 2001, se souvient-il. Nous l’avons maintenu malgré les circonstance, c’était une bonne idée:  Miami était une ville morte,  rien ne se passait; nous avons eu un énorme succès, plus de 1000 personnes se sont déplacées.

Damien est géologue  de formation spécialisé dans les volcans. Mais il est né dans l’art, a passé son enfance dans l’atelier de son père, les musées et les expositions. Rapidement, la Galerie Damien B, composée de 7 ateliers d’artistes et d’une galerie, va devenir un des pionniers de Wynwood, avec des expositions organisées chaque mois. Mais c’était avant la crise et surtout avant que  nous nous trouvions dans le collimateur de la ville de Miami.

French Morning: Que se passe-t-il avec la ville de Miami?

Damien B: Depuis  2 ans, le Building Departement de Miami se fait plus exigeant. On nous impose sans cesse de nouvelles règles à respecter pour le bâtiment. Nous avons à plusieurs reprises fait les modifications demandées et à chaque fois qu’ils viennent faire l’inspection ils découvrent autre chose !

C’est très frustrant. Lorsque nous sommes arrivés il y a dix ans dans ce quartier, il n’y avait rien, nous étions la première galerie à ouvrir à Wynwood. Nous avons organisé des programmes pour les enfants du quartier, nous avons fait beaucoup pour «la community», nous nous sommes vraiment intégrés et aujourd’hui cet exces de zele parait sans fin. Nous sommes une association a but non lucratif dédiée à la promotion de l’art et le coup financier de ces exigences administratives est trop lourd à supporter. Nous avons donc décidé provisoirement de mettre la partie expositions en stand by .

Quelle est l’identité de votre espace ?

Nous avons essayé de mélanger tous les genres et les moyens d’expressions artistiques: la photo, la peinture, la sculpture, des installations, des fashions shows, et aussi le théâtre.

Nous sélectionnions les artistes que nous exposions,  avec un jury de personnes spécialistes de l’art : des artistes, des collectionneurs, et également Olivier Haligon qui est un « ingénieur de l’art ». Nous avons essayé de privilégier les artistes Européens et les artistes  de Miami, principalement Américains. D’autres galeries sont spécialisées dans « les Latinos ».

Malgré tout, vous avez des projets…

Nous représentons toujours de nombreux artistes, c’est un peu un système D de galerie sans galerie. En dix ans  nous nous sommes faits un nom sur la scène artistique de Miami et les gens continuent de nous faire confiance.

Grâce à notre site Internet, nous avons toujours beaucoup d’artistes européens qui nous sollicitent pour que nous les représentions aux Etats-Unis, je regarde tout, je suis un boulimique de l’art.

Je travaille également pour essayer de placer mes artistes dans d’autres galeries à travers les Etats-Unis et également  dans les musées. Jon Davis, par exemple. C’est un jeune artiste américain en qui nous croyons énormément et qui a déjà été placé dans 2 musées en Floride, à Saint-Petersburg et à Orlando. Après, cela devient plus facile d’aller convaincre d’autres musées. C’est un long travail, nous avons fait 3 expositions avec lui, j’avais déjà présenté son travail dans 2 foires à New York et à Miami, on lui a créé son « resume ».

www.damienb.com