Le 14 Juillet fait sa révolution

 «Happy Bastille Day, Vive la France ! J’espère que ce matin, vous avez troqué votre granola pour un croissant», s’exclamait lundi une journaliste du LA Times dans un élan d’enthousiasme, avant de donner la liste des nombreuses festivités organisées en Californie du Sud à cette occasion. Las, commentait Susan Nagel, une de ses consoeurs du LA Times, dans un article paru le même jour: le 14 juillet, en France, n’est plus ce qu’il était. «Bien que la plupart des Américains s’imaginent qu’il est l’équivalent du 4 Juillet ici, cette fête prend de moins en moins d’importance au fil des ans pour les Français». Selon elle, la désaffection pour les flonflons, les pétards et les défilés militaires aurait plusieurs causes. Il y a d’abord le cas des aristos, comme Marc de Gontaut-Biron, qui ont gardé une dent contre la République, «la gueuse», et « qui s’enfuient dans leur château tous les ans et drapent leurs fenêtres de noir en signe de deuil.» Il y a ensuite le cas des anarchistes, chantant derrière George Brassens : «Le jour du Quatorze Juillet/Je reste dans mon lit douillet/La musique qui marche au pas/Cela ne me regarde pas.» Il y a enfin le cas des jeunes, à qui l’on essaie de vendre depuis le berceau l’idée d’une Europe unie, au détriment du drapeau tricolore. «La fête est-elle finie?» conclue-t-elle.

Pas si vite. Cette année, notre Fête Nat’ a eu un écho planétaire avec la décision – certes controversée – de Nicolas Sarkozy de réunir pour la première le Président de la Syrie, Bashar Assad, le Premier Ministre Israelien Ehud Olmert et le tout nouveau President du Liban autour du traditionnel défilé militaire. Un geste qualifié de “coup diplomatique” par Associated Press. Cette rencontre faisait suite au lancement, la veille, de l’Union de la Méditerranée, un espace de coopération entre 43 pays destiné a promouvoir «la non-prolifération des armes de destruction massive au Proche-Orient». «Dans un premier temps, écrit Steven Erlanger du New York Times, les objectifs sont plutot vagues, mais cette réunion représente la fin de l’isolement diplomatique de M. Assad».

Toujours au cours de ce 14 Juillet, Ingrid Bétancourt s’est vue remettre la Légion d’Honneur des mains de Nicolas Sarkozy. Auparavant, «la France l’avait déjà fait citoyenne honoraire de la ville de Paris, avait multiplié les avertissements et les appels à sa libération, mais malheureusement, le karma ne traverse pas l’Atlantique», écrit l’éditorialiste conservateur Charles Krauthammer dans les colonnes du Washington Post. Si Ingrid Betancourt a été libérée, c’est grâce à une action musclée de l’armée colombienne qui a amplement bénéficié du soutien des Etats-Unis. «Le jour de sa libération, elle a remercié Dieu, la Vierge, ses supporters, les medias, la France, la Colombie, bref à peu près tout le monde sauf, à ce jour, les Etats-Unis», regrette M. Krauthammer.

Impeccable dans son role de First lady, et très émue «d’assister à son premier 14 Juillet en tant que Française», Carla Bruni n’est pas à la fête sur le front de la chanson. Les critiques réservées à son nouvel album, Comme si de rien n’était, sorti le 11 Juillet dernier, «l’ont élevée bien au-dessus de toutes les cibles habituelles du snobisme musical comme Vanessa Paradis ou Kylie Minogue» écrit le correspondant du Time à Paris, avant de remarquer qu’il est devenu bien difficile pour celle qui a épousé le Président de faire «comme si de rien n’était».

Coup de projecteur sur Nice. Grâce à la naissance ultra-médiatisée de Knox Leon et Vivienne Marcheline Jolie-Pitt, le maire de Nice, Christian Estrosi, a eu l’occasion de rappeler les bienfaits de sa cité. «Brad Pitt m’a dit qu’il était le papa le plus heureux de la terre, et aussi qu’il avait choisi l’un des meilleurs hopitaux au monde, les meilleurs docteurs au monde, et la plus belle baie du monde», a-t-il confié au journal Nice-Matin, repris par People Magazine. Si c’est Brad qui le dit…