Le bac franco-américain est né

En visite à New York, le Ministre français de l’éducation, Xavier Darcos était de passage au Lycée Français de New York lundi pour y signer la convention qui crée le “baccalauréat franco-américain”. L’idée est née il y a six ans, “pour répondre mieux aux besoins de nos élèves qui vont majoritairement dans des universités américaines”, raconte Yves Thézé, le proviseur du Lycée français. A la sortie de la terminale, 60% des élèves choisissent un “college” américain et 20 % un établissement canadien. Or, le bac français n’est d’aucune aide pour intégrer, au contraire: “dans les années 1980, on avait facilement des élèves qui allaient à Harvard, souligne le proviseur; alors qu’au début des années 2000, c’était un exploit quand on réussissait à en envoyer un par an en Ivy League”. Résultat, les meilleurs élèves, ou les plus ambitieux, quittaient le lycée pour intégrer d’autres écoles privées de New York.

Le score s’était amélioré ces derniers années (l’an dernier, 12 élèves du lycée français ont intégré une université “Ivy League”), notamment grâce à la mise en place de “college counselling” mais aussi d’activités communautaires prises en compte pour les admissions en “college”. Mais ce nouveau bac va plus loin en fusionnant systèmes français et américains.

Le nouveau bac franco-américain est en fait un bac “aménagé” qui devrait permettre aux élèves d’avoir plus de temps pour préparer l’entrée en college “à l’américaine”. Le programme mêle épreuves à la française et éléments de “l’Advanced Placement program”. Ce dernier, conduit par une “non-profit” américaine, le College Board, offre cours et examens qui préparent à l’entrée en université américaine. “Avec ce programme, nos élèves seront mieux préparés au SAT (le test que passe tout candidat à l’entrée en College)” estime Yves Thézé.

Reconnu par l’éducation nationale, ce BFA (Bac franco-américain) aura la valeur d’un bac “normal” et permettra donc l’entrée en université française. Au côté du bac traditionnel et du bac à option international (OIB), le BFA sera une troisième option disponible pour les élèves. Le programme entre en vigueur à partir de la classe de première à la rentrée 2009. Les premiers bacheliers sortiront donc en 2011.