Le flou artistique d’Alexandre Guillaume

Alexandre Guillaume n’était « pas bon » à l’école. C’est là le point de départ de sa carrière d’artiste. Adolescent il abandonne les salles de classe pour apprendre la vie au fil des rencontres et des petits boulots qui se présentent. La carrière de ce Français de 36 ans qui expose ses œuvres à New York chez la galeriste Muriel Guépin et à Paris à la Galerie Pierce ne ressemble en rien à une ligne droite. Elle est à l’image de ces traits noirs et épais jetés sur la toile – peinte en bleu, rouge ou gris – à la manière d’un Pollock : lisible dans tous les sens et sans direction imposée.

D’abord assistant d’un restaurateur de manèges pour les forains – « cet homme était un vrai peintre, un vrai artiste » se souvient-il – puis créateur de logo et journaliste pour l’armée durant son service militaire, infographiste ensuite, Alexandre Guillaume a fait de tout avant de vivre de son art. « Mais le lien entre toutes mes expériences c’est la création » souligne cet homme à la gestuelle délicate mais à la carrure imposante, intarissable sur son travail et ses envies.

Des envies qui ne s’expriment vraiment librement qu’à la fin des années 90. Sa première œuvre sera inspirée de son expérience dans la gendarmerie pendant son service militaire : « J’étais à l’entrée de la garnison, c’est moi qui faisait entrer ou sortir les gens et dans mon costume, je me faisais l’effet d’un clown alors mon premier tableau représentait ce clown

Et puis les voyages à l’autre bout du monde qu’il a entamés l’inspirent d’autant plus dans son travail qui ne cessera d’évoluer au cours du temps, devenant de plus en plus abstrait. L’Angleterre lui offrira son premier succès en 2000 et aussi sa première désillusion sur le monde de l’art : « Je m’étais installé dans le Kent avec ma future femme. Mes toiles qui rappelaient un peu Turner mais en plus abstrait plaisaient beaucoup. J’ai vendu tout de suite et du coup ma galerie me disait de faire ça et pas autre chose. Je ne pouvais pas faire évoluer mon art » se rappelle-t-il.

La principale révolution dans le travail d’Alexandre Guillaume sera son refus progressif de donner toute explication au sens de ses toiles. « Après l’Angleterre, j’ai commencé à faire des toiles dont le fond était en couleur ou blanc, ça représentait l’existence de quelqu’un. Les traits que je traçais dessus étaient les différentes évolutions au sein d’une vie. Tu bâtis ta vie avec des croisements. Mais en fait je faisais de l’abstrait en ayant une explication figurative de la chose ». Alors aujourd’hui, dans la galerie de Muriel Guépin, ne lui demandez pas de vous expliquer ses toiles, chacun doit se faire sa propre opinion face à ces onze peintures de différentes tailles où l’on peut lire ce que l’on veut.

Son art a aussi évolué par la nouvelle vie qu’il mène à New York depuis 5 ans. Cette ville où l’ « on regarde ton présent et ton projet. On te donne ta chance, sans regarder ton passé » explique-t-il. Mais l’avenir est ailleurs, Alexandre Guillaume a besoin de nouveaux espaces, de nouvelles inspirations, peut-être la côte ouest bientôt.

Alexandre Guillaume (exposé en même temps que Claudia Sbrissa)
Du 6 août au 12 septembre
Ouverture de l’exposition le 6 août à 18h30
Muriel Guepin Gallery
51 Bergen Street
Brooklyn, NY 11201-6336
www.murielguepingallery.com

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