Le “Je suis juif” de Lefebvre provoque des remous

A Paris, Jean-François Copé, le patron de l’UMP, accuse François Hollande de “faux pas républicain” et de tentative de récupération à Toulouse… mais de l’autre côté de l’Atlantique, Frédéric Lefebvre, est soupçonné lui aussi de compassion électoraliste. Le candidat de l’UMP au siège de député des Français d’Amérique du Nord s’est distingué en envoyant un e-mail aux électeurs français inscrits aux Etats-Unis avec l’entête “AUJOURD’HUI, je suis juif”.

Le secrétaire d’Etat au Commerce et PME (entre autres) et proche de Nicolas Sarkozy y réagit au quadruple assassinat de Toulouse (sans toutefois mentionner les trois soldats tués également par Mohammed Merah), décrivant en détail la scène atroce de la cour de l’école. Il enchaîne en demandant «pardon à la communauté juive de Toulouse, à mes amis juifs de Tel Aviv, de New York, d’Issy-les-Moulineaux et d’ailleurs», «pardon à tous ceux qui vivent dans leurs chairs, dans leurs mémoires la douleur de la Shoah. Pardon». (Lire l’intégralité sur son site).

Sans surprise, les réactions ne se sont pas faites attendre. La branche américaine du MoDem a dénoncé dans un communiqué l’utilisation “insupportable” de la tragédie par le candidat UMP. Franck Barrat, représentant aux Etats-Unis du parti de François Bayrou (et suppléant de Carole Granade, la candidate MoDem de la circonscription) explique avoir été “personnellement choqué” par l’e-mail de campagne de M. Lefebvre. «L’utilisation d’un drame national à des vues purement électives», la focalisation «sur une partie des victimes» l’ont conduit  à rédiger un communiqué afin, dit-il, de «marquer le coup».

De son côté, la candidate socialiste, Corinne Narassiguin, insiste sur le choix fait par Frédéric Lefebvre d’ignorer certaines victimes du tueur: “Quand on sollicite un mandat national, on ne peut pas se permettre de faire un tri entre les victimes. Encore plus dans des circonstances aussi dramatiques et douloureuses. Dans ces moments de choc et de deuil national, nous nous devons de rester unis et fidèles aux valeurs de la république.

Autre candidat, le divers droite Antoine Treuille explique lui à French Morning qu’il “préfère ne pas s’exprimer sur cette polémique et respecter le silence en cette période de deuil”. Jeudi soir, Frédéric Lefebvre n’avait pas répondu aux demandes d’interview de French Morning sur le sujet.

(Alia Farah et Emmanuel Saint-Martin)