Le “luxe suprême” selon Thibault Sandret

A à peine 26 ans et pour la seconde fois déjà, Thibault Sandret expose à New York. Le jeune Français, débarqué fraîchement de Paris il y a un an et demi n’est pourtant pas dans le métier. Cet ancien élève de l’ESSEC est à New York pour des raisons toute autre que l’art et c’est en réalité un VIE (Volontariat International dans l’Entreprise) qui est à l’origine de sa venue.
Thibault s’intéresse à l’art depuis environ 5 ans et plus particulièrement au pop art. «Je n’avais aucune connaissance de l’histoire de l’art. Ce n’est qu’une fois à l’ESSEC que j’ai eu plus de temps pour travailler sur le sujet». Il a déjà exposé seul à Paris ses collages. Et arrivé à New York, il s’est mis à la photographie.

Afin de pouvoir montrer ses oeuvres, le jeune homme a dû s’improviser commissaire d’exposition. Même s’il prend ce rôle très à coeur, Thibault s’avoue rester « un amateur »; un amateur qui a quand même tout orchestré de A à Z. Il a décidé lui-même du choix des sujets, des artistes et des pièces à exposer, il s’est occupé de l’accrochage et de la scénographie. Tout cela pendant 6 mois en parallèle de son VIE.  «Mes colocs se sont foutus de moi, parce que dès que j’avais du temps le soir ou le week end, c’était pour l’expo».

D’abord, le choix du sujet: la rue. «Elle est ma principale source d’inspiration, et ça faisait longtemps que je voulais faire quelque chose sur le street art». Le titre, «Don’t call it street art», interpelle. Thibault l’a choisi car le terme «street art» a tendance à énerver les artistes qui le considèrent comme un mot poubelle. Mais surtout, exposé dans une galerie, le street art perd sa véritable nature.

Il a fallu ensuite trouver d’autres artistes. L’idée d’exposer au sein d’un collectif lui est venue l’année dernière. Frustré de ne pas pouvoir exposer à New York aussi facilement qu’à Paris, il avait réuni autour de lui une dizaine d’artistes pour sa première exposition «French NYC exhibition». «Il y avait uniquement des Français, c’était plus facile, la sélection était rapide. Mais pour « Don’t call it street art », cela m’a demandé un travail de recherche plus poussé». Après avoir traqué des artistes de street art et avoir recruté sur Craigslist, Thibault est parvenu à s’entourer de 7 autres artistes dont 2 Français : Iris Arnaud et Nathalie Hamelin.

Malgré tout, c’est dans la finance que Thibault décide de faire carrière. Bien qu’il considère son travail artistique de manière «hyper sérieuse», il est conscient qu’il ne pourrait pas en vivre.  «Là, c’est le luxe suprême : je n’ai pas à me préoccuper des retombées financières et je n’ai de comptes à rendre à personne». Avoir un vrai métier lui permet finalement de pouvoir vivre son art pleinement, «sans aucune contrainte».

«Don’t call it street art» est la dernière exposition de Tibault à New York puisque son VIE se termine fin décembre. Et à l’idée de quitter la ville, Thibault a «les larmes aux yeux». «C’est en quelque sorte l’aboutissement de mon séjour à New York».

“Don’t call it street art”, avec Ogi, COL, Veng, Nathalie Hamelin, Iris Arnaud, Gary St Clare, Jake Dobkin et Thibault Sandret.

Gallery 173-171, 173-171 Canal Street 5e étage

Visite uniquement sur rdv. Tel : 646 245 6072