Le monde macabre et merveilleux de Tim Burton

De ses années d’adolescent combattant l’ennui californien aux grands projets hollywoodiens, Tim Burton a tout gardé: plus de 10 000 dessins, esquisses, peintures, montages, entreposés dans ses placards. C’est dans ce fatras qu’ont fouillé les conservateurs du Moma pour en extraire 700 oeuvres, exposées jusqu’au 26 avril.

Burton, qui vit à Londres, était de passage à New York cette semaine pour inaugurer l’exposition -et participer à un fundraiser au profit du musée. “Est-ce qu’il y a un médecin pour vérifier si je suis mort, s’est-il amusé devant tant d’honneurs, réservés en principe aux défunts.

[ad#Article-Defaut]L’exposition est bien plus que la rétrospective d’un cinéaste. Nombre des oeuvres exposées n’ont aucun lien avec les films de Burton, certaines ont même été crées spécifiquement pour l’exposition. Les fans retrouveront bien sûr les figures d’Edward aux mains d’argent ou les personnages hallucinés des Batmans, mais c’est surtout l’univers fantastique, morbide, dérangé et dérangeant de Burton qu’on pénètre.

Le conservateur de l’expo, Rob Magliozzi ne fait pas dans la litote: “Tim est sans doute l’un des artistes visuels les plus importants depuis Warhol”. La comparaison fait s’étouffer nombre de critiques d’art, comme Brian Sewell, qui dit à The Independent: “il y avait du génie dans la capacité de Warhol à faire du merchandising; je ne le crois pas pour quelqu’un d’aussi insignifiant que Burton. C’est un peu comme lorsque l’on a comparé l’art de Paul McCartney à Rothko…” Ouch…

Mais si la tentative du Moma de s’attirer un peu des flashs d’Hollywood (Johnny Depp, acteur fétiche de Burton était au vernissage avec sa cohorte de paparazzi) ne fait aucun doute, l’exposition est à voir. Qu’on goûte au pas son cinéma, la puissance créative de Burton est évidente. Sa capacité à inventer des monstres qui intriguent et fascinent plus qu’ils ne font fuir, son incroyable génie des formes et des couleurs, sont peut-être plus évident encore sur la toile et le papier que sur la pellicule. Burton n’est sans doute pas Warhol, mais il est sacrément doué.