Le petit monde de Jessica

Si vous avez posté une annonce de baby-sitting quelque part, vous recevrez peut-être un email de Jessica Schinazi. A 21 ans, cette étudiante française de Columbia surfe sur les forums à la recherche de baby-sitters français. La garde d’enfant est en effet l’activité principale de son réseau d’étudiants francophones, « Un Petit Monde », dont elle est la présidente et la co-fondatrice. A New York, 150 membres en ont font déjà partie, dit-elle. Le réseau  propose également des animations d’anniversaire, des préparations aux examens et des sorties en VF aux familles francophones et francophiles de la Grosse Pomme. «On essaye vraiment de s’installer comme un petit bout de France dans la vie des familles françaises ici», souligne Jessica, qui termine un double-diplôme en économie et langues hispaniques.

L’aventure commence en 2006, à son arrivée au Lycée français de New York (LFNY). Jessica poste une simple annonce de baby-sitting sur le site de l’école et reçoit… «70 réponses». Elle décide de mobiliser ses copines au Lycée pour partir à la conquête de cette demande orpheline.

Aujourd’hui, «petit» ne semble plus l’adjectif approprié pour décrire le monde que Jessica a bâti avec sa camarade du LFNY Rocio de Palacio: outre New York, le réseau est présent dans huit villes, dont Paris, Washington, San Francisco et Saint-Germain-en-Laye. Partout où Jessica a vécu, elle a ouvert une antenne – c’est le cas à Barcelone et Londres. Les autres ont été lancées par des membres d’ «Un Petit Monde» partis étudier à l’étranger et désireux d’importer le concept dans leur pays d’accueil. Et rien ne les arrête :  “Un Petit Monde” Brésil, Chine et Canada sont déjà dans les cartons, précise Jessica. « La vision, c’est d’être présent là où il y a des familles françaises et des lycées français.»

A New York, Jessica explique que le réseau s’est étendu par bouche-à-oreille et que six cent familles, parmi lesquelles de plus en plus d’Américains, ont bénéficié de ses services depuis sa création. Récemment, elle a inauguré “les Après-midis d’Un Petit Monde”, des «sorties type centre aéré» en français. La première aurait rassemblé les enfants de cinq familles, à Central Park.

« Quand on a des enfants relativement jeunes, la langue est le premier repère à l’étranger. Les parents français se sentent plus à l’aise de confier leur enfant à des Français. C’est plus rassurant pour l’enfant que de se retrouver avec une personne qui ne parle pas la langue» analyse-t-elle.

Pour l’heure, Jessica ne pense pas à transformer son petit monde en petite entreprise. L’animation du réseau ne lui prend qu’«une à deux heures par jour» (elle répond aux messages des parents, les fait suivre et rencontre les futurs membres du réseau pour un « screening » de leurs qualifications). Elle assure que le caractère informel de son opération est une des clefs de son succès. «On ne sait pas où ça va nous mener. On n’a pas un plan précis à 5 ou 10 ans. Nous ne touchons ni frais d’agence ni ‘fees’. Je fais ça comme un service à la communauté française de New York ». Dans un mois, elle aura fini Columbia. Alors, qui sait ?

Pour le site d’ “Un Petit Monde”, cliquer ici