Le Sarko show chez Charlie Rose

Le nombre des électeurs français inscrits à l’étranger (sur les listes consulaires) a plus que doublé depuis 2002, passant de 350 000 à 800 000 pour 2007. Et cela n’a visiblement pas échappé à Nicolas Sarkozy. Après sa visite à Londres hier, où il a “appelé les Français de l’étranger à rentrer en France” s’il était élu, le candidat de l’UMP a enregistré le célèbre talk show

de Charlie Rose, diffusé mercredi soir sur PBS.

Parlant en français (il ne s’essaie plus à l’anglais en public depuis que son épouse lui a fait remarquer qu’il n’avait pas le niveau), le ministre-candidat recevait l’animateur au coin du feu, dans les salons du logement du ministère.
S’adressant autant aux électeurs français installés aux Etats-Unis qu’aux Américains, il est revenu sur ses principales promesses de campagne, notamment celles qui, pense-t-il, touchent plus particulièrement les Français expatriés: la baisse des impôts, la promesse de pouvoir “travailler plus librement”, etc. Côté politique intérieure, il a exprimé son opposition à la privatisation d’EDF et, répondant aux critiques “d’ultralibéralisme”, s’est défendu d’être un “ennemi de l’Etat”. “Un grand pays, a-t-il dit, a besoin d’un Etat. Je crois que l’Etat peut jouer un rôle central mais qu’on doit réduire les dépenses de l’Etat (…) Je ne suis pas un idéologue, je suis un pragmatique.” “Je crois dans le capitalisme, je crois dans l’économie de marché, je crois dans la concurrence”, a ajouté le président de l’UMP. “Mais je veux un capitalisme avec une éthique, je veux une concurrence loyale.”

Ll’exercice était aussi l’occasion de tenter de corriger l’image jugée excessivement pro-américaine laissée par sa visite aux Etats-Unis en septembre dernier. Le ministre de l’Intérieur avait alors critiqué, depuis Washington, le politique française, ce qui lui avait valu d’être qualifié de “caniche de Bush” par certains opposants. Cette fois, tout en répétant qu’il est “un ami des Etats-Unis”, il a pris soin de critiquer Washington pour avroi refusé de ratifier le protocole de Kyoto. Il a aussi critiqué les interventions américaines pour pousser l’Europe à accepter la Turquie dans l’Union. “Est-ce que le Mexique est dans les Etats-Unis?” a-t-il répliqué.

Extraits (en anglais) de l’interview: International Herald Tribune.