Le traducteur lampiste

French Morning avait révélé l’affaire la semaine passée. Au cours du week-end, la presse nationale a fini par découvrir le sous-titre anti-sarkozy pour le malheur du blagueur. Philippe Baudillon, le directeur général de la chaîne publique a annoncé ce lundi que le traducteur auteur de la blague avait été renvoyé.

Reprenant l’explication livrée par une responsable de la direction internationale de France 2 (voir sa lettre sur French Morning), le patron de la chaîne explique que “ces sous-titreurs se font quelques blagues entre eux en sous-titrant de manière décalée. Mais il y a eu des problèmes informatiques et moins de sous-titreurs que d’habitude et la ‘blague’ est restée à l’antenne”.

Mais ce que la dépêche AFP ne dit pas, c’est que le terme de “licenciement” est sans doute un peu abusif: les traducteurs employés par France 2 pour faire ce travail (qui est effectué à Paris) ne sont pas salariés de la chaîne. Ils sont payés comme “intermittents du spectacle”. La chaîne s’est d’ailleurs fait rappeler à l’ordre récemment. Le statut est très souvent détourné par les sociétés de production audiovisuelle, publiques ou privées, mais là l’inspection du travail a trouvé la ficelle un peu grosse et peiné à voir la dimension “artistique” du travail des dits traducteurs.

Cette “difficulté juridique” est d’ailleurs à l’origine de la menace qui pèse depuis plusieurs mois sur la diffusion du journal de France 2 aux Etats-Unis. L’affaire du sous-titre facétieux a d’ailleurs été l’occasion pour les dirigeants de France 2 de montrer qu’ils ne tenaient pas du tout à cette diffusion. A l’AFP, Philippe Baudillon explique que France 2 n’assure ce service que parce que le ministère des Affaires étrangères lui “demande”. Et de confier au passage que ce service “se terminera avec la montée en puissance de France 24”. A New York, le journal de France 2 diffusé sur la chaîne 25 attire tout de même 75 000 foyers téléspectateurs en moyenne, qui pourraient bien, eux aussi, faire les frais de la blague…