Les chefs étoilés, à la bonne franquette

Qui a dit que les Américains n’aimaient pas les produits goûteux du terroir français ? Certainement pas Daniel Boulud et Alain Ducasse, qui ouvriront chacun des établissements, dans la pure tradition des bistros français.

Daniel Boulud, le propriétaire du chicissime restaurant Daniel, situé dans l’Upper East Side, a prévu de traverser Central Park en Novembre. Il y laisse son prénom au passage et surnomme son nouveau bistro et bar à vin « Bar Boulud ».

Plafond voûté façon cave, grandes tablées, banquettes en cuir et mur en gravier, tout le design du restaurant est une référence aux vignobles bourguignons, la région préférée du chef lyonnais.

Au la carte de ce bistro situé juste en face du Lincoln Center : les charcuteries de Gilles Vérot (le Pierre Hermé de la charcuterie), une séléction de fromages et de vins français ou « cousins ». Les New Yorkais, accrocs au tofu, vont devoir se mettre à l’andouillette de Troye. Le parfait encas avant un spectacle au Metropolitan opera …

Adour, comme la rivière qui coule près du village natal d’Alain Ducasse dans le Sud-Ouest, est le nom de son nouveau restaurant situé dans le St. Regis Hotel. Avec ses teintes champagne et bordeaux et ses motifs de vignes, la décoration tournera également autour du thème du vin. Le chef Tony Esnault, ancien chef du restaurant Ducasse à Jumeirah Essex House, utilisera des « ingrédients de saison et des plats riches », annonce le Groupe Ducasse.

Alain Ducasse a dit qu’il souhaitait donner un ton différent de celui qu’il avait donné à son restaurant dans Essex House ouvert en 2001 et qui a fermé depuis. « En six ans, les styles et les attentes ont changé. Vous ne pouvez pas proposer le même degré de formalité ». Permettons-nous d’etre un peu sceptique : le restaurant, orné de moulures en plâtre et de feuilles argentées, comporte des alcôves privées. Ce n’est pas exactement le zinc du comptoir, pour la convivialité.

Mais Alain Ducasse a plus d’un tour dans sa casserole : il ouvrira également Bistro Benoit New York, en Février à l’emplacement de feu La Cote Basque. L’entrée est une réplique du restaurant parisien du même nom de 1912, et qui lui appartient désormais. À la carte de Benoit, l’on retrouve les grands classiques : cuisses de grenouilles, escargots, têtes de cèpes farcies et tartes tatin. Au deuxième étage, se trouvera une salle privée, décorée comme une pharmacie du XVIIIe siècle. Puisqu’il s’agit d’Alain Ducasse, il a fait venir l’authentique pharmacie de Bordeaux pour l’occasion.

“Chez toi Benoît, on boit, festoie, en rois” est le dicton de l’établissement parisien. Les Américains vont-ils savoir le prononcer? “Come over to Benoît’s and once you’re in you’ll drink and feast just like a king”

Bar Boulud, 1900 Broadway, (entre la 63e & 64e rue), 212-595-0303
Adour, 2 East 55e rue (au coin de la cinquième Avenue), pas encore de téléphone
Bistro Benoît New York , 60W 55e rue, pas encore de téléphone