Les Français de PopUp Immo, rois du magasin éphémère aux US

Leurs bureaux sont à deux pas de Times Square, l’un des quartiers les plus bouillonnants de New York. Et ça leur va plutôt bien à Adrien Kerbrat et Mohamed Haouache. “Ici ça bouge, tout va vite, il y a de l’envie” , explique ce dernier.

Leur activité: trouver des espaces vides et les louer sur de courtes durées à des marques. Début septembre, les deux Français ont fusionné leur société PopUp Immo avec l’américain Storefront, référence du secteur aux Etats-Unis, faisant de la nouvelle structure le leader mondial de la location d’espaces commerciaux éphémères. “Pour les marques, c’est très rentable. C’est un moyen de tester un produit en magasin, sans payer un bail sur plusieurs années. On ouvre une boutique, on vend, on rend les clefs après un jour, un week-end ou deux semaines” , rappelle Mohamed Haouache.

Ce dernier a eu l’idée de se lancer sur ce créneau à New York en pleine crise des sub-primes. “Je travaillais dans une banque d’affaires et tous les jours de nouvelles boutiques disparaissaient à Manhattan” . L’entrepreneur s’en souviendra quand, de retour en France, des amis américains lui demandent conseil pour louer un espace éphémère à Paris. “On n’a rien inventé, mais on a apporté du professionnalisme et de la rigueur dans un domaine qui était négligé” , ajoute-t-il. C’est la naissance de PopUp Immo à Paris.

La start-up connaît un développement exponentiel et se lance à l’étranger: Londres, Amsterdam, Hong Kong. Restait le marché américain. Le montant de la fusion avec Storefront n’a pas été divulgué. Mais l’Américain a justifié ce rapprochement par son désir de se développer en Europe et en Asie. La nouvelle entité, qui garde le nom de Storefront, propose désormais un portefeuille de 10.000 espaces sur trois continents (Amérique, Asie, Europe), ainsi que des contrats et des assurances uniformes.

Pour expliquer leur succès, les deux trentenaires concèdent que l’envie de créer leur propre société les a toujours titillé. Après des études de commerce en France et une spécialisation en finance des marchés, ils décident tous les deux de travailler à Wall Street. “On s’est rencontré à New York en 2005, raconte Adrien Kerbrat. Se retrouver aujourd’hui ensemble ici avec cette boite est assez grisant” .

Aux Etats-Unis, les clients sont de grandes marques américaines, des artistes (Kanye West a déjà fait appel à Storefront pour vendre sa marque de vêtements dans des pop-up stores) mais aussi de grands groupes internationaux souhaitant tester le marché américain à moindre coût. A New York, on peut louer à la journée un centre commercial à Soho pour 42.000 dollars, ou pour les plus modestes une petite boutique à Brooklyn pour 240 dollars.

Aujourd’hui, 40 personnes travaillent pour Storefront dans le monde et la phase de recrutement commence tout juste à New York. Face à la demande qui ne cesse de grimper, les deux co-directeurs français envisagent aussi une possible levée de fonds en fin d’année.