Les Français en force à Coachella

Grosse campagne de promotion chez Air France pour le lancement des vols Paris-New York sur A380, à partir du 20 novembre. Les premiers billets sont vendus sur ebay. Clôture des enchères le 21 octobre, mais la plus grosse mise approche déjà les 20 000 dollars... Pour les moins riches, il reste à pousser la chansonnette.

Sous le soleil de plomb de Indio (Californie), il faudra beaucoup d’énergie aux cinq artistes hexagonaux pour faire de l’ombre aux géants de l’affiche tels Thom Yorke, le chanteur hyper doué de Radiohead, ou Them Crooked Vultures, le super-groupe de Los Angeles rassemblant un trio de rockstars aguerries (Dave Grohl, ancien batteur de Nirvana, Josh Homme, guitariste fondateur de Queen of the Stone Age, et John Paul Jones, ex-bassiste de Led Zeppelin).

Mais les Frenchies ont la cote. Grâce à son troisième album studio, IRM, Charlotte Gainsbourg s’est hissée sur le podium des meilleures ventes du disquaire-culte d’Hollywood, Amoeba Music, qui sert de temple à l’industrie musicale de L.A. Elle a aussi bénéficié du coup de cœur de la radio locale de référence KCRW, qui en a diffusé plusieurs morceaux exécutés en live par la fille Gainsbourg. Comble du succès mainstream, début mars, la chaine de café Starbucks a fait de la chanson « Heaven can wait » son choix de la semaine à télécharger sur la librairie en ligne iTunes. Certes, ce succès a pu paraître exagéré aux yeux de certains. Dans son supplément culturel du 21 mars, le Los Angeles Times la juge ainsi «overrated» (surévaluée). «On aimerait que la voix de Gainsbourg offre plus que des chuchotements détachés et ce parler-chanter chaux », y lit-on.

Phoenix, en revanche, surfe sur la vague du triomphe incontesté. Il faut dire que le groupe de rock chic versaillais sait s’y prendre avec l’Amérique. Pour preuve, son chanteur est le petit-ami de la réalisatrice Sofia Coppola. Autres conquêtes : un des tubes de Phoenix (« 1901 ») s’est retrouvé bande-son de la dernière pub pour la cultissime marque de voitures Cadillac, tandis que « Lisztomania » figure sur la bande originale des blockbusters hollywoodiens « Alice au Pays des Merveilles » et « Valentine’s Day ». Sans parler de leur passage à l’émission populaire Saturday Night Live et, cerise sur le gâteau, du trophée « meilleur disque de musique alternative » remporté en janvier dernier aux Grammy Awards, les récompenses annuelles de l’industrie musicale américaine. Et puis Phoenix ne fait pas ses premiers pas sur la scène de Coachella ; ils y ont joué en 2006.

De leur côté, 2 Many DJ’s et David Guetta bénéficient, dans leur catégorie, de la très bonne réputation de l’électro française, bâtie avant eux par les groupes Daft Punk et Air. Daft Punk a d’ailleurs foulé la poussière du site en 2006, tandis que Air s’y est produit l’année suivante, partageant l’affiche avec d’autres artistes français tels, justement, David Guetta, ou encore Manu Chao, Justice et Gotan Project. Dans une veine plus intimiste, cette année, le multi-instrumentiste breton Yann Tiersen, qui pourrait sembler aux antipodes du géant évènement bordé de palmiers, apportera dans ses bagages sa notoriété acquise grâce à la musique du film « Amélie Poulain ». L’organisateur de Coachella, Golden Voice, qui s’est essayé à importer la musique française à Los Angeles à l’automne dernier, dans le cadre du festival 100% tricolore (ou presque) « Oh la LA », limite donc cette fois le risque, en mêlant ces artistes déjà reconnus à des centaines de références internationales.

Pour accéder à cette 11e édition du festival, il faudra acheter le pass trois jours (16, 17, 18 avril), pour 269 dollars. Edition qui, si elle ne se limite a aucun style particulier, confirme la nouvelle tendance, celle de la reformation de groupes poids-lourds. Dans la série « on prend les mêmes et on recommence », au-delà de Them Crooked Vultures, on assistera au retour de Faith No More, Pavement, De La Soul, Sunny Day Real Estate, ou encore du guitariste Tom Morello. Celui-ci, connu pour ses riffs abrasifs commis au sein des rois du rap-rock Rage Against The Machine, réapparait sous le nom de Street Sweeper Social Club. Il faut donc descendre en bas de l’affiche pour trouver, aussi, du nouveau sous le soleil californien. The XX, Gossip, Local Natives… : difficile d’en faire la liste, avec pas moins d’une quarantaine de groupes par jours.

Le site officiel.