Les Françaises remettent le haut

Cette semaine, les médias américains continuent d’aborder la brûlante question de l’immigration en France mais cette fois-ci avec moins de passion et plus de recul. Dans son article du 16 août, le journaliste du New York Times John Vinocur offre une analyse différente de celles qu’on a pu voir jusqu’à présent, comparant plusieurs pays européens. Pour éclairer la polémique d’un jour nouveau, il commence par jouer aux devinettes : “Quel politique, Président Nicolas Sarkozy, ou Jean-Marie Le Pen (…) a dit les phrases suivantes (…)? “Les nouveaux arrivants doivent éviter de tomber dans la victimisation”, “Le succès du processus d’intégration est freiné par le nombre disproportionné d’étrangers impliqués dans la criminalité et le trouble à l’ordre public, par les burqas, par les hommes qui refusent de serrer la main aux femmes” (…) . Réponse: aucun des deux “. Une façon pour le journaliste de dénoncer les critiques qui ont été faites ces dernières semaines à l’encontre de la France sur la politique d’immigration. Selon lui, la tendance touche toutes les démocraties européennes qui, après avoir accueilli un grand nombre d’immigrés sans se poser trop de questions, ont maintenant dans l’idée que ” le comportement des nouveaux arrivants  doit s’adapter à celui de la majorité“. Et Vinocur pose cette question essentielle à propos de la multiplication des lois contre les étrangers en Europe :”A quel point cette tendance est-elle profonde?” Et de conclure sur l’incohérence d’une politique qui hésite entre “affirmative action” et “tolérance zero“.

Et puis on a aussi beaucoup entendu parler de la boucherie orthographique de Rihanna. La chanteuse a en effet décidé de se faire un nouveau tatouage, dans le cou, en français. Bien mal lui a pris! Les deux mots qu’elle a choisi d’inscrire sur son cou sont en effet dans le mauvais sens : “rebelle fleur”. Une faute qui a visiblement davantage passionné la presse américaine que française. Le LA Times s’est amusé de la futile polémique dans un article. La journaliste analyse de la grammaire française :”une source du Ministry of Gossip (le blog du LA Times, ndlr) explique que rebelle peut… être soit un nom soit un adjectif, et ici peut être une expression poétique, donc les règles de grammaire ne s’appliquent pas toujours”. La journaliste décide ainsi de traiter du sujet sur un ton pour le moins ironique, fournissant des liens sur la règle des adjectifs en français et même des conseils à Rihanna: “Si l’intention de Rihanna était de proclammer qu’elle est à la fois rebelle et une fleur, peut-être qu’une virgule aurait été la bienvenue? Ou peut-être deux tatouages?” la journaliste conclut, moqueuse : “Dommage nous ne sommes ni rebelle. Ou, vous savez, ni des fleurs“.

Enfin, restons dans la légèreté pour parler “topless”. D’après l’article d’Alison Culliford dans le LA Times, les femmes françaises n’aiment plus montrer leurs seins sur la plage. Une pratique qui, on le sait, a toujours beaucoup intrigué les Américains: “Scandale! Un sondage Ifop l’année dernière a révélé que 24% des femmes étaient perturbées par le topless sur la plage, 37% quand vous ajoutez un string ficelle et  88% se décrivaient comme pudiques (…) Est-ce un retour conservateur, une réaction aux prescripteurs de santé, ou simplement un fashin diktat?“. Un peu des trois apparemment.