Les lectures de Bush, les déboires de l’ambassadeur

Sur une recommandation d’Henry Kissinger, George Bush a récemment lu “Histoire de la guerre d’Algérie “ de l’historien militaire Alistair Horn, une lecture que « les officiers militaires américains en Irak jugent indispensable. » Bush a trouvé le livre intéressant, a rapporté quelqu’un de son entourage à Newsweek « mais considère l’expérience française en Algérie fondamentalement différente de l’américaine en Irak. Bush s’est concentré sur les problèmes de la bureaucratie française – comme si les français avaient échoués parce qu’ils étaient, disons, trop français. »

Après la rédaction du Washington Times la semaine dernière, c’est l’éditorialiste du quotidien conservateur qui raconte son déjeuner avec Jean-David Levitte, l’ambassadeur français aux Etats-Unis, « un gentleman dont l’élégance nonchalante et les manières gracieuses en font un des diplomates les plus populaires et efficaces de la ville. » L’éditorialiste l’a interrogé sur l’antisémitisme en France. « Avec l’air de Maurice Chevalier charmant Leslie Caron dans Gigi, l’ambassadeur parle des ex premiers ministres de confession juive – Léon Blum dans les années 30, Pierre Mendes France dans les années 50… » et lui a cité un sondage selon lequel les Français sont plus nombreux (86 %) que les américains (77 %) à dire avoir une opinion favorable des juifs. (Non mais c’est quoi ces questions… Ca me rappelle une émission qui montrait avec quelle facilité on peut créer du racisme facilement : ils appelaient des commerçants en disant « vous n’auriez pas eu des problèmes avec des norvégiens récemment ? ») Revenons à nos moutons. L’éditorialiste explique qu’il ne s’est pas laissé convaincre aussi facilement et cite “Betrayal: France, the Arabs, and the Jews” de David Pryce-Jones qui estime qu’en France « une population musulmane de 6 millions conduit la politique anti-Israel française, inévitablement exprimée contre des individus juifs dans un pays où les musulmans sont six fois plus nombreux. »

La fête continue dans Atlantic Monthly, Charles Trueheart explique que quel que soit le résultat du 6 mai, on sait déjà que les Français auront voté pour le changement. Le premier paragraphe mérite le détour. « La France est embourbée dans un système économique et social vieillot, surtaxé, excessivement réglementé, souffrant de sous emploi, de sous productivité, sous employé, sous productive, congénitalement immobile quand elle n’est pas sporadiquement violente. » Ouf. « Les Français eux-mêmes le disent, et leur fierté est blessée. » Leur dégoût du statu quo s’est traduit par un vote pour l’extrême droite, contre « les efforts de Chirac pour assouplir les lois du travail », par des voitures qui brûlent et un veto à une nouvelle constitution européenne « rédigée par un ancien président et virtuellement endossée par toute la classe politique. » D’où les candidatures de Sarkozy et Royal récompensés pour leur rupture avec l’orthodoxie de leurs partis.

Quant à la Ségolène, « elle a construit une campagne présidentielle sur l’idée qu’elle n’avait pas toutes les réponses » et demande « à ses électeurs de la regarder elle plutôt que son parti ou ses projets. »
Après avoir discuté avec le romancier Marc Lambron qui la compare, décapitant le P.S, à Uma Thurman dans Kill Bill, il souligne le côté sainte de Ségolène alors que Sarko ne ferait pas désordre dans les Sopranos.

Le Boston Globe est allé apprendre le Français dans une école chic. En parlant français, les élèves se découvrent une nouvelle personnalité. « Par exemple, en anglais, je suis quelqu’un de plutôt sérieux. Mais un côté flirt de moi dont j’ignorait l’existence se révèle quand je parle français. » Kind of oulala…

Oulala again en couverture de Paris Match avec Arielle Dombasle seins nus (et en string au Crazy Horse), rapporte le New York Post. Le tabloid cite « un parisien » (ça c’est de la source où je ne m’y connais pas) qui commente « quand j’ai vu la couverture, j’ai cru que c’était une pub Botox ».