Les vacances de…

C’est le Boston Globe qui nous l’a appris. «Nicolas Sarkozy n’aurait pas eu à aller très loin des Champs-Elysées pour trouver une destination de vacances dont la plupart des Américains auraient rêvé. Un château dans la vallée de la Loire. Une maison en provence. Une villa sur la côte d’Azur. Mais non.» Il a choisi Wolfeboro dans le New Hampshire.

Pourquoi vient-il ici ? se demande un vacancier, cité dans un édito du Boston Globe. «Il a Nice et la Côte d’Azur juste à côté de chez lui. Nous on vient ici parce qu’on n’a pas les moyens de prendre l’avion.»

Parce que le New Hampshire est un état clé des primaires, Wonkette se demande si Nicolas Sarkozy finira par être le candidat du parti républicain aux prochaines présidentielles américaines.

Le président français est une méga star à Wolfeboro. Il a passé un quart d’heure dans un magasin de la ville, raconte le Union Leader  «et il a été immédiatement reconnu par la propriétaire du magasin» (du village de 6000 habitants où il était en vacances depuis deux semaines).

Comme vous le savez déjà certainement, le président est parti à l’abordage d’un bateau de deux photographes qui n’ont pas compris ce qui leur arrivait. «Pouvez-vous imaginer un scénario dans lequel des reporters prendraient sans autorisation des photos du Président des Etats-Unis, pendant ses vacances dans un pays étranger? Bien sûr que non, parce que ceux-ci seraient aussitôt jetés dans des sacs de toile de jute par un commando de la NSA et envoyés dans une prison en Ouzbékistan pour y être torturés à mort…» réagit Wonkette.

«Bien que le président français ne mesure qu’1m60, tout ce que les paparazzi monolingues purent faire fut de faiblement supplier qu’on les avoine en anglais à la place». Le site montre une photo du président français en pétard. Il est torse nu. «Le fait que notre Président ne se retrouve jamais à moitié nu en train de hurler sur la presse est encore un sérieux signe du déclin de la prééminence de l’Amérique.»

Un éditorial du Boston Globe sur les règles de vacances des présidents (bien inspiré par un article du Figaro c’est un soit disant surnom français qu’on retrouve souvent dans la presse américaine ; c’est Sarkozy qui en 2004 à Washington a dit « en France, on m’appelle Sarko l’Américain », appel à témoins : quelqu’un a-t-il déjà entendu ce surnom en France ?) «a pu penser qu’il faisait ce que Rambo ou L’Inspecteur Harry aurait fait dans de pareilles circonstances». L’éditorial s’attend à ce que le président français se rende compte rapidement «qu’il n’a rien à gagner à se comporter en plus américain que les Américains». Le Boston Globe espère aussi que Nicolas Sarkozy ne copiera pas en Amérique «la tendance récente à la présidence monarchique».

Rendez-vous ensuite à Kennebunkport. « La famille Bush n’avait pas exactement déroulé le tapis rouge, mais elle avait hissé le drapeau français », raconte ABC News.

«Alors que le président Bush attendait dans l’allée entre ses parents, il avait l’air aussi fier qu’un lycéen attendant sa petite amie pour le bal de fin d’année.» Le journaliste David Wright donne le menu : hamburgers, hot-dogs, épis de maïs, et tarte au myrtilles. «Les myrtilles du Maine sont spéciales» a dit Bush. «Le Maïs du Maine est merveilleux à cette époque de l’année» a ajouté la Première Dame. Même avec tout ça, c’était difficile d’imaginer que quelqu’un puisse prendre l’avion depuis Paris pour un tel déjeuner.» Et le saviez-vous, en France, on appelle le président «Sarko l’Américain»… Revenons à la couverture de l’événement à Kennebunkport : «une armée de journalistes français ont envahi la salle de presse des journalistes de la Maison Blanche, fumant des cigarettes et à l’allure bien plus élégante que leurs ringards équivalents américains. Le clash des cultures fut instantané», écrit le correspondent d’ABC News (qui oublie de préciser que les correspondants français n’ont pas eu le droit de toucher aux sandwichs des journalistes de la Maison Blanche, on n’avait plus qu’à mâcher du tabac…)

Le Los Angeles Times a qualifié l’opération de «diplomatie hamburger». Dans un article sur le président américanophile (tiens, il paraît qu’en France on l’appelle «Sarko l’Américain»), on apprend que «le dirigeant français en vacances Nicolas Sarkozy a présenté un gracieux pot-pourri d’étiquette européenne à son arrivée : il a serré la main de Bush, embrassé la Première Dame Laura Bush sur les deux joues, s’est courbé pour un baise main à la mère du président Barbara Bush et a joyeusement « huggé » les deux jumelles Barbara et Jenna». Le correspondant Bob Drogin a trouvé que «la camaraderie avec des claques dans le dos» était aux antipodes de la visite du Britannique Gordon Brown le mois dernier à Camp David.

Les journaux américains sont discrets sur l’absence de Cécilia Sarkozy. Le Los Angeles Times rappelle que c’était elle qui était invitée à l’origine (par Laura Bush au G8). Le Washington Post rapportera le mardi qu’on l’a vue à Wolfeboro faire du shopping le lendemain de son «sévère mal de gorge» : «elle ne doit pas aimer les hot-dogs».