L’évangélisateur du train aux Etats-Unis

Après une carrière dans le transport aérien qui l’a fait séjourner à Douala, au Cameroun, au temps de la compagnie aérienne UTA, puis un poste chez le loueur de résidences Pierre & Vacances et enfin chez Nouvelles Frontières, l’opportunité New York s’est soudainement présentée. «Un hasard absolu ! je n’avais pas du tout l’idée de partir à l’étranger, bien qu’ayant pas mal voyagé, mais il y a des propositions que l’on ne refuse pas.»

Frédéric Langlois est recruté par Rail Europe, une entreprise américaine, filiale de la SNCF et des Chemins de fer suisses. «Je suis arrivé comme Directeur du Marketing et assez rapidement, je suis devenu President & CEO. Rail Europe existe ici depuis 77 ans. Ses premiers bureaux étaient installés sur 5e avenue et nous sommes maintenant à White Plains dans l’Etat de New York. »
White Plains !  Pas génial pour profiter de la vie culturelle de Manhattan. Alors, après les premiers mois passés en immersion totale dans l’entreprise, Frédéric Langlois choisit l’Upper East Side pour s’installer et ne le regrette pas. «En fait, à White Plains, j’étais vraiment aux Etats-Unis, ce qui, à mon avis, n’est pas tout à fait le cas à New York. L’Upper East Side, c’était tout d’abord par commodité puisque mon bureau est au nord, mais finalement, j’adore ce quartier. Moins de touristes, accès facile à Central Park et à Colombus.»

Avec de très fréquents voyages pour aller visiter les partenaires («nous commercialisons 35 sociétés ferroviaires et notre zone de chalandise va du nord du canal de Panama jusqu’au Canada»),  les heures de loisirs du boss de Rail Europe sont plutôt rares. «Pendant mon temps libre, je tente de rencontrer des gens qui ne sont pas dans mon environnement professionnel et qui ne sont pas européens. À New York, il suffit d’être un peu curieux et souriant pour rencontrer des gens ».
Indéniablement, Frédéric Langlois aime communiquer, échanger, débattre. Parmi ses rencontres, il y a quelques célébrités : Salman Rushdie, Woody Allen et Elie Weisel.

«Ce qui m’épate ici, c’est la concentration de cerveaux au square-foot. Impressionnant ! Et ce qui est encore plus extraordinaire, c’est que comme tout le monde est étranger, ou presque, la relation avec les autres est d’égal à égal. Les seuls véritables étrangers à NY sont les habitants du New Jersey, n’est-ce-pas ? Joke … »
L’étranger (lisez le New Jersey), Frédéric Langlois prend parfois le temps de le regarder depuis la frontière, c’est-à-dire, depuis les rives de l’Hudson.
«L’autre jour, j’étais assis sur la promenade avec dans les mains un hamburger accompagné d’un Malbec un peu chaud, servi dans un gobelet en plastique … et j’étais bien. Je ne vais pas dans les restaurants français ou ceux qui sont à la mode. Je m’aperçois que les choses simples ont du bon. D’accord, le Malbec chaud dans un gobelet, pas sept jours sur sept, mais tout de même.»

Plaisirs simples, donc, pour celui qui est à la tête de 200 salariés, dont 90% d’américains, pour servir un million de clients chaque année. «On a un sacré travail d’évangélisation car le train n’est vraiment pas un réflexe pour les Américains mais ça vient, petit à petit. Ce qui est un peu dommage, c’est que la France ne fasse pas plus pour se faire désirer et connaître des jeunes générations car avec l’arrivée de la concurrence en Europe, le rail n’a pas fini de nous surprendre. Rail Europe possède un outil extraordinaire pour simplifier la vie des voyageurs. »

Il est 9h30 du matin, un dernier café avalé sur Broadway et Frédéric Langlois reprend la route pour White Plains. Une dernière question pour une dernière réponse: mis à part le burger sur l’Hudson, qu’est ce que c’est le plaisir à New York ?
«Juste regarder les gens, la ville, les lumières. Lorsque je rentre chez moi et qu’il fait nuit, je n’allume jamais la lumière tout de suite. Je profite du spectacle deux ou trois minutes, je contemple.»
C’est simple le bonheur !

(Photo du Une: Frédéric Langlois sur Fox Business News pour parler de l’avenir du train aux US).