Ludivine Sagnier: l’amour et la haine au bureau

A l’occasion de la sortie de la sortie américaine de Crime d’Amour, French Morning a rencontré l’actrice Ludivine Sagnier, de passage à New York en mai dernier. C’est avec Kristin Scott-Thomas, avec qui elle a toujours rêvé de travailler, qu’elle partage l’affiche de ce film entre thriller psychologique et polar.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le tournage était à la hauteur de ses espérances : «On était très complémentaires, il y avait une véritable alchimie entre nous», confirme t-elle. A l’écran, elles mettent leur complicité au service de la relation entre leurs deux personnages. Un jeu de pouvoir et de séduction pour le moins ambigu, loin de déplaire à Ludivine : «Même si c’est avant tout un film policier, j’ai voulu explorer ce désir, cette relation amoureuse inconsciente».

Si elle est habituée aux rôles ambivalents, entre femme fatale machiavélique et femme enfant naïve, celui là n’a pourtant pas été des plus faciles : «c’est la première fois que j’ai aussi peu de choses en commun avec mon personnage». Ludivine Sagnier apparait d’ailleurs impitoyable avec Isabelle Guérin, la « bourreau de travail, méthodique et obstinée » qu’elle interprète à l’écran : «C’est une femme immature socialement, elle se fait persécuter sa supérieure (Kristin Scott-Thomas) mais l’idéalise totalement. Elle est pathétique du début à la fin !»

Elle garde de Crime d’Amour le souvenir d’une « expérience éprouvante », à la fois physiquement et moralement, d’autant plus que la sortie du film a connu une issue pour le moins tragique (le réalisateur Alain Corneau est décédé quelques jours après).

A 32 ans, elle souhaite maintenant élargir ses horizons, mais ne rêve pas pour autant d’une carrière américaine à la Marion Cotillard : « Je l’admire, elle a un parcours unique, mais ce n’est pas donné à tout le monde !». Si son accent français lui interdit les blockbusters hollywoodiens, elle a déjà conquis plusieurs fois les spectateurs américains, notamment en 2003 dans Swimming Pool de François Ozon. Et ce n’est pas Love Crime et I’m Glad My Mother Is Alive, en salles aujourd’hui, qui l’arrêteront en si bon chemin.