Man Ray réconcilié avec son passé ?

Alias Man Ray : The Art of Reinvention retrace la longue carrière d’un artiste né à Philadelphie de parents russes, rebaptisé Ray en 1912 pour échapper à l’antisémitisme ambiant de l’époque, enterré au Cimetière Montparnasse à Paris. C’est à New York, où sa famille s’est installée en 1897, qu’il a tenté d’imposer le style radical du mouvement Dada avec son ami Marcel Duchamp. Malgré plusieurs readymades, l’œuvre The Rope Dancer (visible au Jewish Museum), la Société Anonyme qu’il a fondé avec Duchamp et le manifeste New York Dada, Man Ray estime finalement que le « Dada ne peut vivre à New York ».

Il quitte le berceau en 1921 pour Paris, où il devient le premier artiste américain à être accepté dans ce cercle fermé du mouvement surréaliste et d’avant-garde. André Breton, Jean Cocteau, Gertrude Stein, Marcel Proust, Ernest Hemingway… Man Ray s’entoure du gratin intellectuel de la capitale, où il passera 20ans de sa vie. De cette période restent les célèbres portraits du photographe, notamment ceux de l’adorée Kiki de Montparnasse, qui prêtera son dos au fameux Violon d’Ingres connu de tous.

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Cette rétrospective rappelle aussi le travail hétéroclite d’un visionnaire célèbre pour la photographie, qui s’est aussi accompli dans la peinture, la sculpture, le dessin, le cinéma et l’écriture. Le New York City Museum est le premier à avoir proposé une exposition multimédia autour de Man Ray, il y a maintenant presque 40 ans. Le Jewish Museum prend la relève, avec plus de 200 œuvres et pas des moins connues : Le Violon d’Ingres, Noire et Blanche, les courts-métrages Le retour à la maison et Leave me alone, etc. Un bel hommage à celui qui a toujours nié s’être appelé autrement que Man Ray.

Jewish Museum du 15 Novembre au 14 Mars – 1109 5th Ave at 92nd St New York – Plus d’infos ICI