Marcus Samuelsson décoiffe Harlem

Marcus Samuelsson entend rendre hommage au quartier. Le chef star qui vit à Harlem a baptisé son dernier restaurant d’après une institution harlémite, Red Rooster. Au mur, des photos des figures  locales « Brooklyn ne regarde pas vers Manhattan », explique Marcus Samuelsson. De la même manière, Harlem doit garder son identité, selon lui.

Plus qu’une cuisine “soul food”, ce sera une “food for the soul” (cuisine pour l’âme), explique le directeur des opérations : poulet frit, tacos, burger, “mac and greens”, une version végétarienne du Mac n’Cheese. Tous les éléments du menu seront entre 4 et 25 dollars.

100 places assises dans la salle de restaurant. Dans l’espace lounge en bas qui ouvrira en février, il fera venir des groupes et des artistes du quartier et d’ailleurs pour des expositions temporaires. «L’art et la cuisine ont toujours été intimement liés. Les artistes demandaient aux cuisiniers de les nourrir en échange d’oeuvres d’art. L’essor des  “chefs célébrités”, et des “artistes stars” aurait dû les rapprocher encore plus. Au contraire, ça les a séparé. Je veux profiter de ma  position pour combler ce fossé.»

Il entend aussi secouer les mentalités. “Etre un peu provocateur”, dit Marcus. “Harlem est homophobe. Je veux changer tout ça :  organiser par exemple une soirée gay, et montrer qu’ Harlem est un quartier pour tout le monde.”

Red Rooster, 310 Lenox Avenue.