Marek Halter en campagne

Si en France, son public est acquis, pour que les Américains se souviennent de vous, explique Marek Halter, il faut se montrer, être présent, les Etats-Unis sont «un pays à conquérir constamment». Avec la sortie chez Random House de Mary of Nazareth, une biographie romancée de Marie, «une vraie mère juive au sens de Woody Allen», Marek Halter se fait à nouveau «détective de l’Histoire» et espère bien, comme à son habitude, séduire l’Amérique.

En écrivain engagé, Marek Halter se penche sur le passé, analyse le présent et regarde vers l’avenir, infatigable, il est de tous les combats.
Marek Halter s’élève contre l’anti-américanisme primaire qui a longtemps régné en France, (notamment dans son dernier livre “Je me suis réveillé en colère”), et soutient la politique atlantiste de Nicolas Sarkozy. Il rappelle justement aux Français que «les Américains sont venus deux fois à notre secours». « Je l’aime beaucoup » déclare-t-il spontanément avant de rajouter «malgré ses défauts». Son analyse ? «Le président français n’a pas compris le peuple qui l’a élu et le peuple n’a pas compris le président qu’il a élu». La France est un pays révolutionnaire à qui il faut prendre le temps d’expliquer, «comme à l’école». Mais «il va apprendre» poursuit-il confiant.

D’accord, son homologue américain «laisse un monde en ruine», mais selon lui, la société américaine vaux mieux que ce que d’aucuns pensent. Un homme noir dans la course à la présidence est un évènement historique qui mérite d’être souligné. S’il admet en rigolant que c’est «très éprouvant de faire campagne, même pour un livre», face à une Hillary Clinton qui «fait des bêtises et perd les nerfs», Marek Halter choisit Barak Obama. Côté républicain, il s’étonne ironique de la ressemblance entre John Mc Cain et Charlie Chaplin dans “Un roi à New York” et se révolte des propos tenus par le candidat républicain sur l’Irak. «Il veut rester 100 ans en Irak ? À l’âge qu’il a, cela sera sans lui».

Assis au bar de son hôtel sur Central Park south, Marek Halter voit New York, riche de sa diversité, comme la ville «symbole du monde de demain, de la France de demain». Notre République «unidimensionnelle» est appelée à mourir. «Nous sommes tous des racistes», or dans une société multiculturelle, «il y a toujours une identité qui échappe au bourreau».
À la question “en quoi croyez vous ?”, l’écrivain répond «en l’Homme». À 72 ans, optimiste, Marek Halter a encore beaucoup d’histoires à raconter.