Marianne Dissard : “chanter en français ici n’est pas un problème”

Dans le cadre des MoMA Nights consacrée en août à la nouvelle scène de la chanson française et de la sortie sur internet de l’album New French Song chez Barbès Records le 3 août, rencontre avec Marianne Dissard, chanteuse française installée aux Etats-Unis et pétrie à la fois de culture française et américaine.

Comment vous êtes-vous lancée dans la musique?
Au départ, je ne me voyais pas du tout faire ça, être sur scène… j’étais trop timide pour y penser. Mon univers à la base c’est plutôt le cinéma et l’écriture. Et puis c’est un ami, Joey Burns, le chanteur des Calexiko, qui m’a dit “Mais attends il faut qu’on fasse un album ensemble!” et c’est le genre de personne qu’il faut prendre au sérieux! (rires) J’étais très contente d’être entourée de tous ces musiciens car finalement ça rejoignait mon univers, celui des mots. Et avec le recul, je réalise que j’ai toujours été dans ce monde-là, celui de la musique.

Comment ça?
Je vis depuis 1994 à Tucson, en Arizona. C’est une ville remplie de musiciens, qui vit beaucoup la nuit. L’endroit est centré autour de la musique. Beaucoup de groupes en tournée préfèrent passer par Tucson plutôt que Phoenix qui est pourtant la ville la plus importante de l’Etat. C’est là que les artistes se réfugient…

Quelles sont vos influences musicales?
J’ai grandi en France, j’y ai vécu jusqu’à mes 16 ans. Donc j’ai été exposée à la grande tradition de la chanson française: Barbara, Jacques Brel, Brassens… Ces grands chanteurs m’attiraient beaucoup à l’époque. Et puis ado, je me suis plus tournée vers la chanson anglo-saxonne avec U2, The Clash… des groupes que je n’écoute plus beaucoup maintenant (rires)! Et puis arrivée ici, j’ai découvert Neil Young et toute cette musique que l’on appelle “Americana” qu’on ne connaissait pas vraiment en France. Je me suis plongée dans une manière d’écrire différente, avec une manière de raconter les histoires assez classique. Ces sont des “tales” (des contes, ndlr) comme Johnny Cash. On ne trouve pas ça en France, ça fait partie d’un paysage et d’un mode de vie.

Vous écrivez exclusivement en français?
Pour l’instant oui, j’ai fait beaucoup de tournées en Europe ces deux dernières années et donc beaucoup en France… J’y ai donc passé plus de temps que d’habitude et ça a davantage influencé mon travail. Mais en même temps je travaille avec des Espagnols, des Italiens… et puis je vis à Tucson, il y a donc l’influence du Mexique. Donc toutes ces cultures se mélangent un peu.

Mais alors, avez-vous réellement une audience aux Etats-Unis si vous chantez en français?
Ça n’a jamais été un problème. Il y a beaucoup de disques qu’on aime mais où l’on ne comprend pas forcément ce que le chanteur raconte. C’est normal pour moi de chanter en français, je vis aux Etats-Unis mais je suis française. Ca s’entend, ça se voit. Alors peut-être que dans des villes plus petites, ça fait cliché “oh lala la chateuse qui chante en français aux Etats-Unis”. Mais dans les grandes villes, les gens sont exposés à plein de cultures donc ce n’est pas un problème.

Et ça vous fait quoi de vous produire au MoMA?
Je suis très contente, tout cela se fait dans des conditions très confortables. En plus j’adore Matisse. Je vais inclure les peintures dans la scénographie et les costumes. On va s’amuser!

Marianne Dissard sera l’invitée des MoMA Nights le 26 août de 17h à 20h45. Elle a sorti déjà deux albums, Entredeux et Paris One Takes, un album disponible en téléchargement gratuit ICI. Son prochain album sortira début 2010.