Marine à Washington

Sur le papier, le premier jour de la visite officielle de Marine Le Pen aux Etats-Unis avait tout d’un déplacement normal pour un politique en campagne : rencontre avec des élus démocrates et républicains, avec un membre de la communauté noire et un membre de la communauté juive. Finalement, le planning s’est révélé plus … singulier. Tourisme, courses-poursuites, rencontres mystérieuses et rendez-vous rapides ont rythmé la journée de la candidate

Course poursuite au petit matin

La présidente du Front National débute sa journée en s’engouffrant dans un énorme 4×4 aux vitres fumées. Au passage, elle essaie de semer les journalistes qui la suivent en grillant quelques feu rouges. Nos confrères ont ainsi dû effectuer une véritable « course poursuite » dans la capitale, Washington DC, pour ne pas la perdre. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Car Marine Le Pen débute sa journée en faisant … du tourisme. Elle visite le Washington Monument, le Mémorial de la Seconde Guerre et celui de Lincoln en face du Capitole. Un communiqué la veille évoquait une visite au Musée de l’Holocauste, mais celle-ci n’a pas eu lieu faute de temps, a signalé Mme Le Pen à l’Associated Press.

Elle poursuit sa journée en déjeunant au « National Republican Capitol Hill club », un cercle privé où se réunissent les Républicains de Washington. Elle y retrouve Richard Hines, un lobbyiste, représentant du mouvement Sharia-Free, qui se bat contre la menace de la charia aux Etats-Unis, ainsi que William Murray, président de la Religious Freedom Coalition, un groupe de soutien aux chrétiens dans les pays communistes et islamiques.

Ron Paul, le revenant

Ron Paul, représentant de l’aile libertaire du Parti républicain, chouchou du Tea Party, ne devait pas recevoir Marine Le Pen. Il l’a finalement accueillie. Elle s’est introduite dans son bureau, poursuivie par les journalistes. Mais la candidate a du l’attendre trois quarts d’heure, seule : Ron Paul était en train de voter à la Chambre. La rencontre dure 10 minutes, montre en main avec un interprète. A la sortie, Marine Le Pen annonce avoir échangé sur « leurs points communs et notamment le retour à l’étalon d’or ». Elle termine sa journée par une rencontre avec Joe Walsh, représentant républicain du 8ème district de l’Illinois. Elu du Tea party, il est accessoirement célèbre pour devoir des milliers de dollars d’arriérés en pension alimentaire. La patronne du FN ne rencontrera finalement aucun élu démocrate. Le parti frontiste avait bien contacté Dennis Kucinich, un représentant démocrate de l’Ohio, mais « la demande d’entretien a été faite à la dernière minute et çela n’a pas été possible pour des questions d’emploi du temps », explique l’attachée de presse du démocrate.

Des “pressions”

La difficulté à rencontrer des personnalités politiques américaines s’expliqueraient, selon Mme Le Pen et son entourage, par « les pressions » exercées par la presse française, le gouvernement et même la presse américaine. “Le gouvernement français est très agacé par ma venue aux Etats-Unis. Il cherche donc à en minimiser l’impact” explique Marine Le Pen. Elle affirme que« Nicolas Sarkozy est beaucoup plus inquiet de mes faits et gestes qu’il ne veut bien le dire ». De plus, elle se dit « harcelée » par la presse française qui serait « agressive » à son égard. « Je pensais que les États-Unis étaient un pays libre, mais je m’aperçois que le politiquement correct fait des ravages même ici, et que la pression de la presse semble être un élément perturbant. » A 8 heures du matin, ce jeudi, elle était dans le train pour New York, pour de nouvelles aventures.