Marjolaine et sa petite soeur

La Marjolaine est une vieille dame de 56 ans, installée dans le Queens. Bernard Eglin et Krim Debbah, les deux Alsaciens qui en tiennent aujourd’hui les rênes, viennent de lui faire une petite soeur, dans le Sud d’Astoria. Histoire d’une petite entreprise qui connaît pas la crise.

«La plupart des autres boulangeries font fabriquer leurs produits dans des usines. Pas nous », souligne fièrement Bernard Eglin. La Marjolaine a ainsi pu progressivement élargir sa clientèle, approvisionnant grands hôtels et clubs privés de Manhattan. « Il y a beaucoup de boulangeries qui prennent un nom français alors qu’elles ne le sont pas, renchérit Krim Debbah. Entre un croissant français et un croissant américain, la qualité n’est pourtant pas la même ».


Les deux compères jouent leur numéro de duettistes depuis plus de dix ans. Bernard Eglin, le boulanger aux 45 années d’expérience, et Krim Debbah, le comptable et le gestionnaire. Le premier, originaire de la petite ville d’Altkirch, est arrivé à New York en 1978 avec une usine d’équipement pour boulangerie installée sur la 11ème avenue. Apres avoir travaillé la pâte dans une boulangerie new yorkaise, il reprend La Marjolaine, avec l’un de ses amis aujourd’hui décédé, profitant du retrait du propriétaire de l’époque.

Le second, natif de Lauw dans la banlieue de Mulhouse, a choisi un beau jour de « partir à l’aventure ». Direction les Etats-Unis où il tient la comptabilité de « la plus grande imprimerie du monde », selon ses termes. En 1997, il rejoint l’équipe de La Marjolaine pour s’occuper des comptes. « Avec la compétition, il faut être gestionnaire et avoir des produits phénoménaux », résume-t-il.

Et en comptable avertit, il a vite fait ses comptes: «c’est une aberration que le prix du gallon de lait soit supérieur à celui d’un gallon de pétrole, ou que le prix des œufs ou du beurre soit devenu aussi élevé, explique Krim Debbah. Sachant que tout augmente, il est impératif pour nous d’avoir de nouveaux marchés et de nouveaux clients ».

Les deux entrepreneurs sont donc partis à la recherche d’un lieu. Découragés par les loyers à Manhattan, ils ont finalement jeté leur dévolu sur le petit local d’Astoria, d’une superficie de 15 mètres carrés, qui deviendra, deux mois et demi plus tard, une « petite » Marjolaine. «C’est un quartier en plein boom, souligne Krim. De plus en plus d’Européens s’installent ici chaque année, principalement des Grecs et des Italiens».

La Marjolaine :
50-17 Skillmann Avenue
Woodside, New York
www.lamarjolainebakery.com
718 651 0495

La « petite » Marjolaine :
33-05 36th Avenue,
Astoria-Long Island City