D’Enquire à HoodVibe, les app’ urbaines de Maxime Leroy

Maxime Leroy et Solène Maitre

La mosaïque new-yorkaise fascine Maxime Leroy, qui a grandi dans les rues tranquilles de Nantes. Installé à Brooklyn depuis un an, ce designer de 25 ans a lancé en juin Enquire, une application mobile (iOS) géolocalisée, qui permet de s’échanger des tuyaux sur le quartier où l’on se trouve (Best coffee place in midtown ? Best frozen yogurt Upper East Side ?).

Chacun peut poser des questions, répondre ou accéder aux discussions à partir du moment où il a mis les pieds dans la zone évoquée (l’appli est aussi disponible à Paris et San Francisco). Une sorte de guide mobile hyper-local, qui a fait l’objet d’une chronique dans le New York Times… mais rassemble encore un nombre limité d’utilisateurs (une centaine par quartier à New York).

Maxime Leroy ne compte pas faire fortune avec Enquire : il s’agit d’une première expérimentation. Avec son associée ingénieur, Solène Maitre, 25 ans aussi, ils imaginent de nouveaux concepts, depuis leur quartier général de Park Slope. « Nous nous concevons comme un laboratoire sur le mobile et l’urbain, les identités des quartiers, la création de liens de proximité », affirme-t-il, attablé à un café du Lower East Side. Un « laboratoire » financé l’année dernière avec une levée des fonds totalisant 200 000 dollars, réalisée auprès d’investisseurs français – notamment Fabernovel, l’agence où Maxime Leroy et Solène Maitre se sont rencontrés, à Paris.

Depuis un an, le duo a créé sept applications – six sont encore en mode beta.

Prochaine étape : le lancement de HoodVibe, en novembre, sur l’Appstore. Une sorte d’appareil photo géolocalisé, qui permet d’envoyer sur ses réseaux sociaux une photo automatiquement siglée, en grosses lettres, du nom du quartier où elle a été prise (les lecteurs de French Morning qui veulent participer à la version beta peuvent en faire la demande ici). « C’est un peu comme le check-in de Foursquare, mais en plus visuel. Cela permet de démarrer une conversation basée sur un endroit, ce qu’il représente. New York est le terrain de jeu parfait pour ce genre d’applications », déclare Maxime Leroy. Et de disserter sur l’aspect très identitaire des quartiers à New York, qui ressembleraient presque à des marques.

Pour développer toutes ses idées, Maxime Leroy s’est livré à un quadrillage méthodique de New York, dessinant, rue par rue, les frontières des différents quartiers. Il a réalisé le même travail pour Paris et San Francisco, et le poursuit sur une trentaine de villes, aux Etats-Unis et en Europe. « D’ici deux mois, nous allons mettre à disposition cette API [interface de programmation] en open-source, afin que des développeurs s’en emparent. Il y a plein d’utilisations potentielles. » Avis aux intéressés.