Mort de Jean-Luc Le Dû: “Il était un vrai modèle” selon Daniel Boulud

Hommage à Jean-Luc Le Dû à City Windery / Le Dû's Facebook

Près de deux semaines après la disparition subite de Jean-Luc Le Dû, les hommages au vendeur de vins, véritable référence à New York, se poursuivent. “Jean-Luc était un vrai modèle, une référence pour toute la communauté des passionnés du vin“, a confié à French Morning le chef Daniel Boulud qui a travaillé avec le Breton pendant près de dix ans. Comme sommelier à Daniel, Jean-Luc Le Dû avait remporté plusieurs prix, dont le “Grand Award” de Wine Spectator en 2002 et “Outstanding Wine Service” de la James Beard Foundation en 2003.

« Cet autodidacte, sans aucune formation, avait réussi la prouesse de faire sa place et d’être respecté au sein de la profession. C’était quelqu’un de très talentueux qui avait un très bon palais et une excellente mémoire. Nous étions par ailleurs très amis et sa disparition a été tragique. Elle est intervenue beaucoup trop rapidement. Jean-Luc était si jeune et avait encore beaucoup à donner », a poursuivi le chef.

La mort de ce natif de Gourin (Bretagne), à 52 ans, a été annoncée sur la page Facebook de Le Dû’s Wines, son magasin de vins dans le West Village, le 27 décembre au soir. “Avec une tristesse totale, nous devons annoncer la mort de notre fondateur, Jean-Luc Le Dû. Il est parti dans son sommeil. Il était une lumière dans nos vies, pour le magasin et pour le monde du vin“. Plus de 200 personnes se sont retrouvées le jeudi 4 janvier à City Winery pour une soirée d’hommage “BYOB”.

Jean-Luc Le Dû est venu à New York dans les années 80 pour vivre sa passion pour le rock. Mais sur place, il a découvert l’univers du vin après avoir goûté une bouteille de Château Cheval Blanc de 1964 chez son oncle à Queens. Il a multiplié les expériences dans les restaurants et est devenu sommelier chez Daniel en 1995. Il a quitté le restaurant en 2004 comme sommelier-en-chef et ouvert son magasin de vins l’année suivante.

Au-delà de sa qualité de sommelier, Jean-Luc était un vrai New-Yorkais, venu ici car il était fondu de rock et voulait faire des concerts. Il était plus New-Yorkais que Français ou Breton“, souligne le co-président de l’association bretonne BZH New York, qui se souvient d’un homme “super généreux“. Jean-Luc Le Dû avait accueilli des événements de l’association dans son magasin, comme la venue du Bagad de Lorient, et prêté main forte à l’organisation des Vieilles Charrues à New York en 2016. “On pouvait toujours compter sur lui. Tout le monde est sous le choc“.