Nicolas Bedos presque modeste à New York

J’allais pas faire semblant d’être modeste“. Nicolas Bedos est comme on l’imagine: provocateur, imbu de lui-même et indéniablement drôle. Venu présenter son film « Amour et Turbulences » au festival In French with English Subtitles la semaine dernière, le comédien était à New York pour la deuxième fois de sa vie . Et, ayant égaré son passeport après son arrivée, il a bien failli y rester…

Cela n’aurait pas déplu à tout le monde en France. L’acteur-chroniqueur-metteur en scène, qui insulte aussi bien Tristane Banon (« Euthanasie ta mère et termine ton bouquin…») que Carla Bruni (“pauvre mamie) et Nicolas Sarkozy (“VRP cocaïné“) adore être détesté. Divertissement sympathique, et plutôt drôle, son dernier film “Amour et Turbulences” raconte l’histoire d’amour déçue entre la belle Julie et Antoine. Après s’être séparés et perdus de vue pendant trois ans, les “ex” se retrouvent assis dans le même avion. Louchant sur les comédies romantiques anglo-saxonnes comme “Notting Hill” ou “Pretty Woman”, Nicolas Bedos y joue un “Hugh Grant du pauvre“, comme il s’en amuse. Scénariste du film qu’il jugeait au début trop “cliché“, il l’a réécrit pour “mettre un peu de sel“. Et surtout se donner le beau rôle. Il est comme ça. “Dans le film, je suis très à mon avantage, reconnait-il.

Tellement à son avantage que la critique française l’a descendu. “Il y avait une volonté des critiques de me casser, vous me connaissez  je suis sincère. Je ne joue pas comme une daube. Je joue juste“, se défend Nicolas Bedos qui déplore “une jalousie ambiante, une envie de bruler les idoles et de rabaisser ceux qui réussissent ”. C’est vrai que Nicolas Bedos tend la joue. “Je suis énervant naturellement “. Selon lui, les critiques se disent: ” Il fait le malin, il a un nom célèbre, il a une gueule de bellâtre, il a des nanas ravissantes dans la presse people, y’a des gens qui me détestent“. Bref, «le film a existé parce que j’étais là et s’en est pris plein la gueule parce que j’étais là“.

Pour “Amour et Turbulences”, Nicolas Bedos a dû être un peu moins lui-même. “Je suis très interventionniste et j’avais tendance à transposer cet état d’esprit assez casse-couilles et le réalisateur m’a dit: ‘calme-toi, tu nous épuises’“. Sans être un chef d’œuvre, le film apporte du souffle aux comédies romantiques françaises. En filmant Paris avec délice et plaisir, « Amour et Turbulences » est un des longs-métrages les plus agréables esthétiquement de ces derniers temps.

Malheureusement pour les Américains, il ne sera pas distribué aux Etats-Unis. Nicolas Bedos se console. “Je suis plus soutenu par les pays francophones comme la Belgique ou le Québec, mais il y a aussi beaucoup de gens qui m’aiment en France, avoue-t-il. Je suis plutôt un gentil garçon, on peut être tendre et avoir de l’esprit“.