“Nightclubbing fatigue” à l’Hôtel Costes

Derrière les platines du Fig and Olive, au cœur de l’ultrabranchitude new-yorkaise du Meatpacking district, Stéphane Pompougnac serre des mains d’un air distrait. Le nom de ce DJ ne vous dit rien? Les compilations Hôtel Costes dont il vient présenter en exclusivité à Manhattan le dixième volume, Hôtel Costes X, se vendent pourtant à tour de bras –près de deux millions d’exemplaires. Sortie en 1999, cette bande-son d’un hôtel-restaurant parisien huppé a popularisé en France la lounge music. Musique d’ascenseur chic pour ses détracteurs, incarnation mélodique et relaxante du luxe pour les fans, la lounge music signée Stéphane Pompougnac mélange house downtempo et rythmes latino alanguis.

En quelques années, le DJ du Queen et des Bains à Paris est devenu un faiseur habile de compilations immédiatement reconnaissables… et «bankable»: «J’achète plein de disques et je les ressens. Je fais un liste de quarante morceaux et j’essaie de voir ce qui va avec quoi. Puis je garde les meilleurs et je les assemble pour ne garder au final que quinze titres.»

Mais aujourd’hui, après dix compilations, le disc-jockey a l’air fatigué. Souffrirait-il du syndrome de la «nigthclubbing fatigue»? «Les boîtes de nuit, les afters, j’en ai un petit peu marre», avoue-t-il. «Avant, je n’arrêtais pas, maintenant, je traîne un peu la patte. J’arrive à la quarantaine, j’ai une femme et deux enfants. Je ne suis plus trop dans le monde de la nuit, même si je fais de très belles soirées…» Comme celles de New York, qu’il connaît bien pour avoir été DJ résident au Lotus? «Je rêvais d’y aller quand j’étais plus jeune et on me l’ a proposé, j’ai trouvé ça génial. Mais quand tu y viens tous les mois, pour trois jours, c’est pas la joie, c’est fatiguant.»

Entre un mix au Royal Mirage à Dubaï et un set dans un club de Tokyo, Stéphane Pompougnac a l’allure un peu lasse que donne un jet-lag permanent. «Musicalement, je ne sais plus très bien où j’en suis, mais ça marche. C’est très club, très festif et pour beaucoup de gens un peu âgés, qui ont de l’argent, quoi que je passe, cela leur plaît.» Pas fâché pour autant avec la musique, il s’est lancé dans une carrière solo parallèle avec deux albums sous son vrai nom au compteur: «Ma maison de disques (Pschent) m’a fait écrire des chansons. Ça a pris du temps mais ça ne marche pas trop mal. C’est un autre travail mais c’est l’avenir du DJ. Et je suis encore loin de ce que je pourrais peut-être arriver à faire plus tard.» Morale de l’histoire: «Le but, c’est de faire danser les filles.»

[[Hôtel Costes X est sorti le 17 septembre aux Etats-Unis, le 24 septembre en France sur le label Pschent.]]