Nostalgies françaises

Le New York Times publie un extrait de l’essai du journaliste du Nouvel Observateur Jean-Claude Guillebaud, “La Refondation du monde”, sorti en France en 2000. L’éditorial titré “le flamboyant mensonge français” revient sur mai 1968 et s’interroge, «pourquoi une telle frénésie de nostalgie?». Son analyse, «le véritable héritage de mai 68 est l’individualisme, le rejet du sens civique, la restauration de l’idée que le succès financier est une poursuite louable, en gros, le renouveau du capitalisme». Pour l’auteur, l’insurrection relevait plus d’une contre-révolution que d’une révolution.

«L’heure est à la nostalgie en France, et le monde du tennis est dans le même état d’esprit» écrit le même journal. Voilà 25 ans que Yannick Noah a gagné Roland Garros contre Mats Wilander, «bondissant, dreadlocks au vent, dans les bras de son père, Zacharie». «Il avait tout juste 23 ans et bien qu’il ne remportera plus jamais rien, cette victoire l’installe durablement dans la mémoire de toute une génération». Vingt cinq ans plus tard, sa carrière de chanteur a su maintenir sa popularité et les sondages le classe toujours parmi les cinq personnalités les plus appréciées des Français.

En 1983, la victoire du Français vint mettre fin à une «disette» de 59 ans. «Depuis le pays est toujours en attente d’un nouveau champion et celle-ci risque d’être longue.» Il y a eu l’espoir déçu Mauresmo, puis deux forfaits aux internationaux de France cette année, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga, blessé au genou. Pourvu que l’histoire ne se répète pas.

Côté bouquins, Serge Hefez, psychiatre français en activité, publie “La Sarkose obsessionnelle”. Il a identifié une nouvelle maladie mentale parmi les Français: «une fascination néfaste pour le président». Entre haine et admiration, Sarkozy fascine ses concitoyens autant que la presse étrangère.“Une passion pour (et contre) Sarkozy” titre le New York Times.
«Il n’existe pour le moment aucun traitement.» A priori il y en a encore pour cinq ans.

Le Musée du Louvre est l’attraction la plus visitée en France. «L’année dernière, le musée a accueilli 8,3 millions de visiteurs, soi plus que la population de la Suisse ou du Danemark». Le musée est si vaste qu’il pourrait être apparenté à un pays dans le pays. C’est l’idée de Claude Baechtold, Paolo Woods et Serge Michel, créateurs d’un«livre loufoque» intitulé Louvreland écrit le Time magazine. «Un guide officieux qui classe les habitants du louvre avec un charme insolent». Miss Louvre revient bien évidement à Mona Lisa tandis que le titre du Mister Louvre est décerné à un roi Perse. «Le livre ne remplace bien évidement pas une visite au musée mais est un divertissement apprécié pendant que l’on fait la longue queue pour acheter son ticket».

Dans le sud de la France, the Winner Is… “Entre les Murs” de Laurent Cantet. Cela faisait 21 ans que la France n’avait pas remportée la récompense suprême du Festival de Cannes. Mi-documentaire mi-fiction, il s’inspire du livre d’un professeur, François Bégaudeau, héros du film. Un portrait émouvant d’un jeune professeur de français dans un collège difficile. Le journaliste américain se souvient notamment d’une discussion laborieuse sur le subjonctif imparfait, «un point de grammaire française qui a causé de considérables tourments dans les classes de français de monde entier», ne manque-t-il pas d’ajouter.

Par ailleurs, le New York Times souligne que le film “La Frontière de l’aube” de Philippe Garrel, réalisateur post Nouvelle Vague majeur pourtant largement méconnu aux Etats-Unis, n’a pas reçu l’accueil mérité. Les ébats de son fils, Louis Garrel, sont apparement difficiles à digérer dès le petit matin. «Le public était grincheux “in no mood for love”» écrit le journaliste.

Le couple Brad Pitt- Angelina Jolie «s’arrête quelques temps de sauver le monde pour acheter un château sur la côte d’Azur à 70 millions de dollars» écrit le New York Post. Une propriété avec des vignes et 35 chambres à Brignoles dans le Var. Parmi leur voisins, Bono et Johnny Depp, beau palmarès pour le 83.