Olivier Haligon et ses artistes

Il a de qui tenir! Olivier Haligon est l’arrière petit-fils de Louis Haligon, qui a participé à l’agrandissement de la statue de la Liberté aux côtés d’Auguste Bartholdi. L’atelier de production d’œuvres d’arts transmis de père en fils depuis quatre générations a travaillé avec les plus grands : Miro, Dubuffet, Cesar, Niki de Saint Phalle, Arman, Diego Giacometti. A Miami depuis onze ans, Olivier Haligon perpétue la tradition familiale en tant qu’ingénieur de l’art.

Ingénieur de l’art, kezako?
Je suis complémentaire avec le sculpteur, j’apporte le côté ingénierie et technique. J’ai une formation Maths Sup Maths Spé,  plus une école du Groupe Centrale. J’ai vraiment un rôle de confiance, de conseillé auprès des artistes. Ils viennent me voir avec un projet et  ne savent pas toujours comment le réaliser techniquement, à moi d’apporter les meilleures solutions, soit avec des résines, des polyesters ou de l’acier.

Quels sont les plus beaux projets sur lesquels vous et votre famille avez travaillé ?

Mon arrière grand-père était le chef d’atelier de Bartholdi, et a participé à l’agrandissement de la Statue de la Liberté à New York et à Paris. Il a agrandi L’Archer d’Antoine Bourdelle, il a également travaillé pour Carpeaux, Volti et Rodin. Jusqu’à César, ma famille faisait des agrandissements ou des réductions pour faire des bronzes  principalement pour les monuments commémoratifs des différentes guerres. A partir des années 60, César a dit à mon père avec son bel accent  : « Robert, t’es con tu devrais faire de la résine, c’est avenir !». Il s’est donc lancé avec César à faire des œuvres en résine, comme le pouce, le sein, la main etc. Les polyesters stratifiés et les silicones qui venaient d’apparaitre sur le marché ont complètement révolutionné notre façon de travailler. Dubuffet est devenu un de nos plus gros client. Nous avons travaillé avec Miró, Nikki de Saint-Phalle, Giacometti, Botero, Arman, Raymond Masson, François-Xavier Lalanne.

Pour pour les artistes contemporains ?
Hervé di Rosa est maintenant notre premier client connu plus jeune que moi. Nous travaillons aussi avec Télémaque, Jean-Pierre Raynaud et Rafael Barrios dont vous pouvez voir une grande sculpture à Sunny Isles. Je travaille dans le monde entier, notamment avec le designer hollandais Marcel Wanders, avec lequel nous avons fait une partie de l’hôtel Mondrian à Miami.

Pourquoi avoir décidé de délocaliser votre atelier à Miami ?

Maintenir une entreprise d’artisanat en France est quasi impossible. Il y a onze ans, j’ai pris la décision de déplacer mon entreprise à Miami. Yann Quillien mon plus fidèle collaborateur m’a suivi, nous travaillons toujours ensemble. En France, il y a beaucoup trop de paperasserie pour les artisans. Plus de la moitié des entreprises dans ce domaine ont fait faillite. Et puis Miami c’est parfait, lorsqu’on a fini de travailler, on est en vacances ! C’est également un choix stratégique que je ne regrette pas, j’ai un métier international. De Miami, je peux aller partout. Lorsque je suis arrivé, ça m’a rappelé New York dans les années 70. C’était bien avant que Art Basel Miami n’existe, j’étais certain que cette ville allait se développer.

Est-ce que le business de l’art s’est ralenti depuis la crise ?

Très légèrement, j’ai peut-être une baisse de 2-3% mais je ne sais pas si c’est vraiment lié. Mon carnet de commandes est rempli en général trois mois à l’avance. Je pourrais développer plus, mais chaque œuvre d’art est unique et demande beaucoup de temps et d’attention.