Oscars de la restauration

Michel Richard a dansé sur la scène du Avery Fisher Hall au Lincoln Center dimanche soir pour célébrer sa victoire : il a remporté un award du meilleur nouveau restaurant pour son restaurant Central Michel Richard ouvert en Janvier 2007 à Washington. C’est la deuxième année consécutive que Michel Richard rafle une médaille. En 2007, le chef du restaurant Citronelle à Washington aussi remportait le prix du meilleur chef des Etats-Unis. «C’est fabuleux. C’est un homme de passion, authentique et un esprit libre», dit John Washko, qui fait partie de l’administration de la James Beard Foundation.

La 18ème édition de la cérémonie des James Beard Awards, les Oscars de la restauration était présentée par Kim Cattrall, l’actrice qui joue le personnage sulfureux de Samantha dans Sex and the City.“Quoi de plus sexy que la cuisine?”, a-t-elle demandé aux 1800 invités.

Autre victoire, celle de Gavin Kaysen, le chef de Café Boulud a reçu le prix du meilleur chef «étoile montante» (chefs de 30 ans ou moins dont l’impact sur l’industrie sera important dans les années à venir). Cet Américain de 29 ans, originaire du Minnesota a été récemment recruté par Daniel Boulud. «Merci de m’avoir donné cette chance», envoie le jeune chef par texto à son patron et mentor. Ce dernier lui répond pour le féliciter “Big hug baby, you rocked my world”, parodiant le discours de l’actrice Marion Cotillard aux Oscars.

Surprise

Jean-Georges, nominé pour la catégorie meilleur restaurant, l’équivalent du meilleur film aux Oscars, a perdu face à Gramercy Tavern. «Je pense que le fait que Gramercy Tavern soit revenu à l’excellence après un passage à vide était le facteur décisif des juges parce qu’il est difficile d’affirmer que Gramercy Tavern est meilleur que Jean Georges», écrit le critique du New York Times Frank Bruni. Le prix du meilleur restaurateur (Jean Georges Von Gerichten était également nominé pour cette catégorie) est revenu à Joe Bastianich et Mario Batali. David Chang a été élu meilleur chef de New York.

Jacques Pépin, l’un des « mousquetaires », du French Culinary Institute, qui présentait un livre dans la catégorie générale «Chez Jacques: Traditions and Rituals of a Cook » (Stewart, Tabori & Chang) n’a pas gagné mais cela n’a pas entamé sa bonne humeur. “Je n’ai jamais goûté du fromage américain aussi bon que cette année“; dit-il, autour du buffet gargantuesque qui suivait la cérémonie.

A la recherche de Michel Richard

Nous nous sommes mis à la recherche de l’heureux vainqueur . «Vous ne pouvez pas le rater», dit Alain Sailhac, le doyen émérite du French Culinary Institute. Avec sa barbe blanche, sa silhouette trapue et son écharpe blanche, Michel Richard a un air de père Noël, qui ne passe normalement pas inaperçu. «Il est passé par ici», dit Marcus Samuelsson, le chef d’Aquavit. «Il est parti à la fête d’« after » à Bar Boulud», indique un journaliste sur le ton de la confidence. Michel Richard n’est pas à Bar Boulud. Nous partons bredouille, avec l’espoir de le rencontrer un jour à Washington, dans son royaume Central.