Politiciens volages, vins français et cigarettes qui font maigrir

Le New York Times estime « aussi absurde que cynique » que l’assemblée nationale française ait voté l’interdiction de nier le génocide arménien. Les Turcs doivent confronter leur passé, « mais cela n’excuse pas la façon dont les politiciens français essaient d’exploiter les sentiments anti-turcs pour flatter le large électorat arménien. »

Les périodes de l’histoire de France qui suscitent le plus d’intérêt sont la révolution et « les années sombres » de 1940-1944, observe le Christian Science Monitor dans une critique de « Bad Faith , une biographie par Carmen Callil de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives sous le régime de Vichy. « Les lecteurs de l’histoire de la seconde guerre mondiale sont familiers de la machine nazie inhumaine à la froide efficacité » écrit Atlantic Monthly. « Mais dans Bad Faith on découvre des fonctionnaires ineptes et paresseux, complices et traîtres, et qui parfois n’arrivent pas à plaire à leurs supérieurs nazis à cause de leur médiocre travail pour débarrasser la France de sa population juive. » La critique du New York Times est élogieuse, à un hic près. « La seule note incongrue du livre tient à trois phrases rajoutées en dernière minute d’analogie entre les événements décrits et le traitement des Palestiniens par Israël. Ce passage est devenu controversé parce qu’il a conduit à l’annulation de la réception prévue pour Madame Callil lundi à l’ambassade de France. » Les remarques détonnent surtout selon la critique du New York Times, « à cause de la probité générale de Madame Callil » à travers l’ensemble du livre. « Le reste du temps, elle laisse ses lecteurs penser par eux-mêmes. »

« Est-ce que le président Jacques Chirac a un enfant d’une maîtresse japonaise ? » démarre un article de la correspondante du New York Times qui raconte le succès en France du livre Sexus Politicus, 150.000 exemplaires imprimés. « La politique et le sexe se mélangent depuis des siècles en France, mais la vie privée des hommes politiques historiquement était gardée secrète. » explique-telle. Autre bizarrerie, « contrairement aux Etats-Unis où de pareilles révélations seraient l’objet de grandes enquêtes des medias, les journalistes français traitement rarement le sujet. La réaction des Français est de fait très différente de celle des Etats-Unis, où un scandale sexuel peut menacer de faire s’effondrer un gouvernement. » relève la correspondante, qui note encore que « le fait que Ségolène Royal, la candidate en tête pour gagner la nomination socialiste pour la présidentielle de l’an prochain, ne soit pas mariée au père de leurs quatre enfants n’est pas un sujet de la campagne.” (Je passe sur un malheureux cafouillage historique entre Edgar Faure et Félix Faure, foi de Faure.)

Après le succès du Yellow Tail, un vin australien, un article de Slate fait le tour des dernières piquettes françaises vendues aux aux Etats-Unis. Des vins qui abandonnent la définition géographique des vins Français, car « cette approche qui fonctionne bien pour le haut de gamme est un albatros pour le secteur bon marché. » Les nouveaux ont des étiquettes tape à l’œil, comme « The petit bistrot » qui a même quelques lignes de baratin au dos de l’étiquette. Le journaliste de Slate nous en lit un extrait : l’histoire d’un type au restau « avec la fille de ses rêves dont les yeux dévorent en rêvant le menu du petit bistro, « avec des côtes d’agneau et de la polenta, ou des pâtes à la sauce tomate » se regardant dans les yeux, ils savourèrent… » blabla… Le journaliste de Slate rappelle que la polenta et les pâtes ne sont pas de la cuisine de bistrot, il voit là un « subtile effort pour effacer les origines françaises du vin » en cultivant des tonalités italiennes. Ce qui lui semble justifié d’un point de vue marketing « puisque la France n’est pas très populaire en ce moment. »

L’ouverture de L’Atelier de Robuchon à New York est pour le New York Magazine l’occasion de faire le point sur la disparition de la grande cuisine française de New York. Il y a des rumeurs de fermeture du restau de Ducasse. Les grands restaus français ont fermé. Ne restent que des remakes de brasserie. Les derniers établissements chics français « survivent grâce à la bonne volonté de bons vivants de l’Upper East Side ou à des couples de petits vieux de Cleveland ou de Palm Beach »

Johanna Dray «n’est certainement pas grosse sur des standards américains, mais peut-être un peu forte pour les Français toujours conscients de leur poids. » Et elle ne peut pas faire d’exceptionnelle carrière de mannequin. Le San Francisco Chronicle l’a interrogée pour un article montrant que si Madrid a interdit aux anorexiques de défiler, la maigreur est toujours en vogue chez les top models. Il y a même débat au ministère de la santé en France. Pourtant les chiffres de l’article ne soutiennent pas l’idée des dangers de l’anorexie en France : 12,4 % des Français sont obèses selon la Sofres, soit un saut de 10 % depuis 2003. « Et les Français ont perdu une arme contre l’obésité quand le premier ministre a annoncé une interdiction de fumer dans les écoles, les bureaux et les bâtiments publics. »

Guillemette Faure