Pourquoi n’y-a-t-il pas de 13e étage aux Etats-Unis?

Aux Etats-Unis, combien de personnes ont déjà appuyé sur le bouton “13” dans l’ascenseur ? Pas grand monde. Et pour cause, le 13e étage est rarement désigné comme tel aux Etats-Unis. Pourquoi? C’est notre question bête de la semaine.

Bien entendu, le 13e étage existe, mais il est soit renommé (“12a”, “12b” ou “M” comme la treizième lettre de l’alphabet), soit remplacé par le numéro 14, comme dans le bâtiment qui abrite la rédaction de French Morning.

La pratique de “sauter” le 13e étage remonte au début du XXe siècle, si l’on en croit Mosette Broderick, professeur d’urbanisme à NYU. Est-ce uniquement de la superstition? Oui et non. Oui, car les Américains sont triskaïdekaphobiques, c’est-à-dire effrayés par le chiffre 13. Selon un sondage de l’institut Gallup, 53% des Américains se disent “très”, “un peu” ou “plutôt” superstitieux.

Face à cette réalité, les développeurs se disent que passer le numéro 13 sous silence permettra de faciliter la vente ou la location de leurs espaces et d’éviter à leurs clients quelques sueurs froides. Résultat: Selon la société Otis, fabricant d’ascenseurs, 85% des ascenseurs dans le monde passent directement du 12ème au 14ème étage. Rien qu’à New York, moins de 5% des hauts immeubles ont un treizième étage, le Flatiron et l’Empire State Building font partie de cette minorité.

Mais la superstition n’est pas la seule cause de cette réticence. Dans son livre Triumph of the city, l’économiste Edward Glaeser raconte qu’au XIXe siècle, architectes et urbanistes étaient réticents à l’idée de construire des immeubles de plus de 13 étages (38 m) car cela plongerait les rues dans l’obscurité et causerait des problèmes de circulation, entrainant une baisse des prix de l’immobilier.

Cependant, un nombre croissant d’immeubles construits aujourd’hui tentent le diable et affichent bel-et-bien leur 13e étage. Le tournant est intervenu après la Deuxième Guerre Mondiale, selon Mosette Broderick, “quand la pratique de ne pas compter le 13e a été vue comme superstitieuse“.