Quand des Vétérans entrent au lycée

Mécanicien à bord d’un navire américain, il heurte deux mines avant de sombrer au large des côtes normandes. Rescapé, il débarque sur la plage d’Utah Beach le 7 juin 1944 et assure la relève à Sainte-Mère l’Eglise avant de participer aux violents combats dans la péninsule du Cotentin, puis à Cherbourg, et au mois de juillet en direction de Paris puis des Ardennes.

Paul Arigiriou, comme les dix-sept autres vétérans présents sur la scène de l’auditorium du Lycée français de New York, a échappé de peu à une fin tragique sur les côtes normandes. Des actes de bravoure et de détermination pour lesquels Philippe Lalliot, Consul général de France, leur a remis hier les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

Avant la remise des médailles, dix-huit élèves de troisième ont retracé le parcours de ces vétérans. Andrez R. Chmiel était ainsi pharmacien, venu sur les plages d’Omaha Beach le 6 juin 1944 pour secourir les blessés. Il est finalement touché à la jambe le même jour par un obus. Ou ce parachutiste, Nicholas de Gaeta, engagé dès 1942 en Afrique du Nord, qui a combattu en Europe jusqu’au 2 juin 1945. Au cœur des combats lors du débarquement en Provence, il a participé à la libération de Cannes et de Nice et poursuivit la campagne à l’Est puis dans les Ardennes. Blessé deux fois, on le soigne. A chaque fois, il retourne sur les champs de bataille. « Des parcours remarquables », déclarent les collégiens, unanimes.

« On avait déjà travaillé sur la première Guerre mondiale, raconte Marisol Magdelenat, 15 ans. On a écrit une lettre aux vétérans en leur demandant de nous résumer leurs parcours », explique la jeune fille, new yorkaise depuis trois ans. Sam Restnick, 88 ans, est venu du New Jersey pour assister à la cérémonie, avec sa femme et son petit-fils. La Légion d’Honneur est sa cinquième médaille. « Une grande fierté », déclare-t-il.