Quand un romancier rencontre Miami

Guillaume Guéraud est un écrivain heureux. A 39 ans, il a déjà écrit plus d’une trentaine d’ouvrages, dont «Affreux, sales et gentils», couronné en 2006 du prix Fnac des jeunes lecteurs. Pendant quatre semaines, il a parcouru les rues de Miami, invité, «en résidence», par le service culturel du Consulat général de France. L’occasion aussi pour cet auteur de présenter à la «Miami book fair» son dernier livre: «Sans la télé», et de faire de multiples rencontres.

Ce que Guillaume Guéraud a apprécié le plus, avoue-t-il, c’est la «totale liberté» que lui ont laissé les services du Consulat. Enfin, une liberté pas tout a fait complète, car il devait aussi rencontrer des élèves, des lycéens, des étudiants, qui avaient tous en commun d’être francophones ou en quête de le devenir. Avec eux, il a parlé de son dernier roman, le seul que ses interlocuteurs connaissaient car, évidemment, «mes livres n’existent pas aux USA», regrette-il. Avec ces jeunes, l’écrivain a vécu une expérience intéressante: «Je suis assez content et assez étonné. Tous ceux que j’ai rencontrés parlent ou apprennent le français, mais surtout j’ai été bluffé par leur intérêt. Ils participent vachement plus ici.»

Dans “Little Havana”

Le reste de son temps, Guillaume Guéraud l’a passé à errer dans les rues du downtown de Miami, particulièrement aux abords de la Calle ocho, la 8eme rue, le quartier que l’on appelle «Little Havana». Souvent il s’installait à une terrasse, observant ce qui se passait autour de lui et prenant des notes sur un petit calepin, sans savoir pour le moment ce qu’il en fera… ou n’en fera pas: «Il y a plein d’éléments qui me nourrissent, ou, à l’inverse, qui me parasitent. On verra».

C’est dans ce quartier cubain que l’écrivain a été marqué par la diversité ethnique et culturelle de Miami: «C’est un endroit qui me plait beaucoup. C’est plein de Latinos, de Cubains, d’Haïtiens. C’est très mixte.». Un peu comme la ville où il vit en France, Marseille, même si les populations y sont différentes: «C’est le même mélange, le même brassage…». Et puis, Guillaume Guéraud a trouvé les Américains «vachement» gentils, loin de la caricature, dit-il, que l’on présente souvent en France. «On m’avait dit que Miami était une ville de vieux. C’est tout le contraire».

Un polar à Miami?

Mais l’écrivain dans tout ça? «Je ne sais pas encore; pour le moment je travaille sur la relecture d’un roman en cours. J’écrirai peut-être un polar dont l’action se déroulera à Miami». Aujourd’hui, il s’intéresse surtout à la promotion de son dernier ouvrage, l’histoire, un peu auto-biographique d’un enfant qui vit sans télévision, mais que sa mère emmène sans cesse au cinéma: «Il raconte les films qu’il voit et qui le font grandir, le font passer de l’enfance à l’adolescence».

Guillaume Gueraud est «catalogué» écrivain pour les jeunes. «C’est un choix d’éditeur, explique-il. Je préfèrerais être lu aussi par les vieux. Mais comme tous mes personnages sont des adolescents, on m’a classé dans ce rayon.» C’est le risque quand on a, comme lui, une telle nostalgie de l’adolescence.