Quand un voyage aux US se termine dans une prison texane

Hicham Ajjaid et son frère Mehdi étaient un peu emméchés. Dans la nuit du 18 au 19 octobre, les deux Français se sont introduits dans le tribunal du comté de Bexar à San Antonio, bien au-delà de l’horaire de fermeture. Les vidéos de surveillance (ci-contre) les montrent déambulant dans les couloirs du bâtiment sombreros sur la tête, marteau de juge et packs de bières à la main. Les deux frangins, qui effectuaient un tour des Etats-Unis, ont été cueillis par la police à leur sortie et mis en prison, rejoints par trois amis Bordelais qui étaient également du voyage. Ils ont été remis en liberté ce samedi 26 novembre à l’aube, au terme de 38 jours derrière les barreaux.

« Mon client n’avait pas l’intention de voler. Il a agi sous l’emprise de l’alcool, affirme Thomas Hille, avocat chargé de défendre Hicham Ajjaid. Quand il a vu l’échelle permettant d’évacuer le bâtiment en cas d’incendie, il a cru qu’ils pourraient monter sur le toit du tribunal du comté de Bexar et avoir une belle vue sur San Antonio avec son frère. Au lieu de cela, ils ont trouvé une porte ouverte, ils sont entrés et ils ont été très surpris de trouver la police à la sortie »

Démarré à New York, le périple américain de l’équipée bordelaise s’est arrêté brutalement à San Antonio. Un temps soupçonnés de tentative d’attentat, les cinq comparses ont passé trois nuits dans la prison du comté, le temps de vérifier la validité de leurs visas et de fouiller leur camping-car de location de fond en comble.

Justice moins clémente que pour les Américains

A l’issue de ces vérifications, tandis que leurs compagnons de voyage étaient relâchés et se dépêchaient de rentrer en France, Hicham et Mehdi Ajjaid étaient inculpés pour « effraction avec intention de voler », « un crime passible de deux ans de prison et 10.000 dollars d’amende », s’insurge Thomas Hille. Heureusement, « le fait que mon client et son frère avaient des billets de retour en France pour le 8 décembre a permis de négocier un accord avec le procureur du district dans lequel chaque jour de prison compte double », indique l’avocat.

Bien que libérés, les deux jeunes hommes y laissent des plumes, car ils ont du reconnaître la tentative de cambriolage pour rentrer en France au plus tôt, et la condamnation a automatiquement annulé leurs visas touristiques. En outre, ils ne pourront plus voyager aux Etats-Unis dans les dix ans qui viennent. « Comme il parle mal anglais et n’a pas les moyens de payer une caution, mon client a payé le prix fort », regrette Thomas Hille, persuadé que des citoyens américains auraient écopé de peines plus légères.

Photo: saisie écran du film de vidéo surveillance du tribunal du comté de Bexar – Une alarme silencieuse a révélé la présence de deux touristes français à l’intérieur du tribunal du comté de Bexar aux autorités de San Antonio, qui ont un temps suspecté une tentative d’attentat. Credit: Cécile Fandos