“Réparer les Vivants” : Katell Quillévéré filme la vie après la mort

Katell Quillévéré sur le tournage de "Réparer les Vivants"

Event Details

"Heal the Living"
en salles à partir du:
14 avril  à New York au Quad Cinema (34 W 13th St) et à Los Angeles
28 avril à Miami
5 mai à San Francisco

Infos ici

Partir d’un drame pour aller vers la vie, c’est la trajectoire qui m’intéresse le plus”, confie Katell Quillévéré, en parlant de ses films.

Figure de proue de la nouvelle génération du cinéma français, la réalisatrice vient de faire le tour des festivals d’Amérique du Nord avec “Réparer les Vivants” (“Heal the Living”) adapté du bestseller éponyme de Maylis de Kerangal. Le film entrera en salles à partir du 14 avril à New York et Los Angeles, puis dans le reste du pays dans les semaines qui viennent.

En 2010, Katell Quillévéré crée la surprise avec son premier long-métrage “Un poison violent” présenté à Cannes et salué par la critique. Trois ans plus tard, “Suzanne” vient confirmer le talent de la jeune réalisatrice. Avec “Réparer les Vivants”, elle nous raconte une nouvelle histoire, avec la même authenticité.

Comme mes films précédents, “Réparer les Vivants” tourne autour de la question de la résilience, explique la cinéaste, Comment se reconstruire après une perte, que ce soit un deuil, une séparation, ou une disparition, quand on est du côté de ceux qui restent, du côté de la vie ?” Une résilience face à la mort, après la mort, qui n’est plus vu comme la fin, mais comme un point de départ.

Dans “Réparer les Vivants”, le personnage principal est un cœur, celui de Simon, lycéen, surfeur, qui se retrouve en état de mort cérébrale après un accident de voiture. Un cœur, synonyme de dernière chance pour Claire (Anne Dorval), insuffisante cardiaque, en attente de greffe.

La première réussite du long-métrage, c’est sa maîtrise du film choral. Katell Quillévéré évite l’écueil du casting trop lourd, trop dense. Au contraire, elle peint une chaîne humaine où chaque maillon interprète brillamment son rôle. “J’avais envie et besoin d’avoir des personnalités fortes dans mon casting. D’aller vers des acteurs qui pouvaient porter un film avec un sujet très dur parce qu’ils représentent quelque chose pour le public”, explique la réalisatrice qui voulait une distribution “à l’image de la diversité de la société”.

Avec Kool Shen, Emmanuel Seigner, Tahar Rahim, Anne Dorval, Alice Taglioni ou Dominique Blanc, “Réparer les Vivants” mélange les genres, les cinémas, les origines. “Je voulais que certains soient très connus et d’autres moins”, comme les nouveaux espoirs prometteurs du cinéma français : Alice de Lencquesaing, Karim Leklou, Finnegan Oldfield et Théo Cholbi. “Cette diversité-là me semblait très importante par rapport à ce que le film racontait”, explique la metteuse en scène.

Ce que je trouve assez puissant avec le don d’organe et la greffe, c’est que quand on ouvre un corps humain, la question de la survie, de la compatibilité entre deux êtres, n’a plus rien à voir avec la couleur de la peau, avec l’âge, avec le sexe, avec les origines sociales. Les fondamentaux du vivant n’ont rien à voir avec la bêtise de ces questions”, explique Katell Quillévéré.

Et si le long-métrage met en lumière l’univers parfois méconnu du don d’organe, des moyens mis en œuvre ou encore de l’accompagnement du donneur comme tu receveur, loin est l’idée d’en faire une propagande. “Ce n’est pas un film militant, j’aurais trouvé ça extrêmement limité et surtout quand on rentre en profondeur dans ce sujet, on se rend compte déjà à quel point on ne peut pas juger les gens dans leurs décisions personnelles”, affirme Katell Quillévéré.

Laisser le spectateur libre de ses émotions : voilà une des marques du cinéma de la réalisatrice. Livrer des performances brutes, sans excès de pathos ou de misérabilisme, animées par un réel désir de sincérité. “C’est une des raisons qui me poussent vraiment à faire du cinéma. Et c’est quelque chose que j’essaierais toujours de préserver, ne jamais faire un film pour faire un film, mais partir de choses qui me touchent profondément, qui me hantent”, explique la réalisatrice. Elle travaille actuellement sur un projet de série TV avec comme sujet la naissance du hip-hop en France, à travers l’histoire du groupe NTM.

Event Details

"Heal the Living"
en salles à partir du:
14 avril  à New York au Quad Cinema (34 W 13th St) et à Los Angeles
28 avril à Miami
5 mai à San Francisco

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