Retraite reculée, débat voilé et tennis délocalisé

Ils seraient 6 français sur 10 à être contre le recul de l’âge du départ à la retraite selon un sondage Ifop paru ce dimanche, pourtant selon le Christian Science Monitor, la loi à toutes les chances de passer. En effet, la gauche n’arrive pas à mobiliser les français contre cette loi et se divise sur le sujet. « Comme pour les congés généreux, les vacances en abondance, et la semaine de travail de 35 heures, l’âge de la retraite le plus bas en Europe est considéré comme un droit sacré par les travailleurs français depuis 1983, lorsque le socialiste François Mitterrand l’a réduit de 65 à 60 ans d’un coup de stylo. » Pourtant, tout porte à croire selon le journal que les français savent qu’il n’y avait plus d’autres solutions : « Les français sont parfaitement conscients des difficultés économiques qui traversent l’Europe. » Des plans d’austérité en Espagne, Portugal et Angleterre, 25 milliards d’euros pour l’Italie, l’âge de la retraite qui passe à 67 ans pour l’Allemagne, tout porte à croire que les français vont devoir eux aussi faire quelques sacrifices. Au sein de la gauche on est déjà divisé sur le sujet : « Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI et candidat potentiel pour les présidentielles de 2012, fait des vagues ces derniers jours en appelant à mettre fin à une approche «dogmatique» de la retraite. Cependant, la dirigeante du Parti socialiste, Martine Aubry, a promis de rétablir la retraite à 60 ans si elle était élue aux prochaines élections. » Le ton est très différent pour Voice of America, « le mécontentement populaire grandit » et « le temps pluvieux n’a pas empêché des dizaines de milliers de français de protester ». Malgré les avis des économistes, les syndicats « ne laisserons pas le gouvernement français soulèver la retraite en toute impunité. »

« Une mesure discriminatoire contre les musulmans », c’est ce qu’affirme le journaliste du Los Angeles Times dans un édito au sujet de l’éventuelle loi sur l’interdiction du port du voile en France. « Cette rationalisation complique inutilement une réalité simple. Interdire le voile, même si cela est justifié par  l’assimilation, la civilité ou l’émancipation des femmes, est un acte de discrimination religieuse ». Le journaliste s’inquiète d’une amende de 185€ pour les femmes musulmanes qui porteraient le voile dans les rues du pays des droits de l’homme. Tout en rappelant qu’il a toujours été difficile pour les pays européens d’assimiler les immigrants islamiques (ndlr débat sur les minarets en Suisse), « une difficulté souvent minimisées par les américains », le journaliste reste sur ses positions et prône « un rejet de l’interdiction par le Parlement français ». Affaire à suivre…

Louise  Bourgeois, la grande artiste française est morte lundi 31 mai à l’âge de 98 ans à New York. Née en France, l’artiste s’était vite imposée outre atlantique par l’imagination de ses sculptures, dessins et peintures. Les médias américains lui rendent un dernier hommage. Le site du New York Times rappelle qu’elle représentait les Etats Unis lors de la Biennale de Venise en 1933. Il  insiste sur l’importance qu’elle donna aux femmes dans le monde de l’art  « dans un domaine où elles n’avaient pas encore leur place, son travail était perçu par beaucoup comme une déclaration d’affirmer son côté féministe, sa carrière comme un exemple de persévérance face à la négligence de certains ». Le Newsweek dresse lui aussi un portrait élogieux de Louise Bourgeois. Dans une interview qu’elle avait accordé au magazine, elle confiait « baser son art sur la séduction et le rejet ». Déroutant… La doyenne de l’art contemporain s’en est donc allée en laissant derrière elle des créations étonnantes, à l’image de sa personnalité.

La possible délocalisation des internationaux de France en banlieue parisienne pourrait se confirmer en février, mais d’après le New York Times, il semble plus probable que l’évènement reste à Paris pour les années à venir. Si pour Jean Gachassin, « le président de poche de la Fédération Française de Tennis », un départ serait triste, il ne s’agit pas d’un bluff. « Très différent de l’ancien président, Christian Bîmes », Jean Gachassin possède  un « caractère optimiste et énergique »  et ne craint pas de poser les cartes sur table afin de sauver le tournoi, devant faire face à de grandes difficultés financières. Versailles reste tout de même un projet intéressant selon le quotidien, « grâce au cachet associé à la ville et au château ».

Adeline Dessons et Anne-Lise Fernandez