Ripailles gasconnes sous le Queensboro Bridge

Peu importe que l’on soit originaire du Sud-ouest ou non. Lundi soir, ces sonorités gasconnes qui ont résonné sous l’incroyable architecture du Queensboro bridge,à Manhattan, ont fendu les visages de sourires ou ont tiré la petite larme. Ou les deux à la fois. Une espèce de samba hexagonale au coeur de la Grosse pomme, chez Guastavinos, apportée là par Ariane Daguin pour fêter les 25 de “D’Artagnan”, son entreprise de produits culinaires.

Pour célébrer ce quart de siècle de gastronomie française à New York, de grands chefs français étaient présents. On a pu croiser Daniel Boulud ou Jean-Georges Vongerichten. L’international français de Rugby Francis N’tamack et quelques complices d’Ovalie ont aussi participé à la soirée. La veille, ils aplatissaient a Central Park, contre une équipe de New-Yorkais. “Les Français ont gagne… Ex-aequo !” s’est exclamée Ariane Daguin.

Les festivités avaient debuté quelques jours plus tôt, dans différents restaurants de la ville. Avant que les quelque 200 Gascons – qui avaient spécialement fait le déplacement pour l’anniversaire – ne regagnent la France, il fallait bien conclure une semaine de fête et de ripaille. Ce fut le cas. Grimés en rouge et blanc – dress code en l’honneur de d’Artagnan – , en chapeau a plume, en diable, en Belles des années 30… les 1500 invités  s’en sont donnés a cœur joie sous les immenses voutes de la salle de bal.

D’abord au buffet, bien sur ! On n’en attendait pas moins. Inévitable cassoulet, pilons de cailles aux pruneaux, travers de porcs caramélisés… Entre autres foie gras aux truffes et quelques patés de campagne. Sans oublier les vins du Sud-ouest et l’Armagnac !

Mais le spectacle n’était pas que dans les assiettes. Dans une ambiance très “troisième mi-temps”, sous les applaudissements d’une foule particulièrement dense, des concurrents ont du gober des pruneaux baignant dans une flaque d’armagnac, au fond d’un saladier. C’est un américain qui l’a emporté, coiffant au poteau les Français. Un vrai banquet !

Paquito chocolatero

Puis sur les tambours et les cuivres du D’Artagnan Big Band, rassemblant exceptionnellement des musiciens de Broadway pour la soirée, une trentaine d’invites se sont assis par terre et se sont balancés pour un joyeux Paquito chocolatero. Quelques courageux, dont Daniel Boulud, se sont élancés pour se faire porter a bout de bras d’un bout a l’autre de la chenille. C’est Basque, pensez-vous ? Oui mais pas que : “Les Gascons et les Basques ont des cultures très proches !”, explique Bernard Thore, le chef d’orchestre.

Abandonnant le piano pour des guitares et des batteries, un groupe rock de chef a fait vibrer les poutrelles du Queensboro bridge et  le public sur un “Ça plane pour moi”. Un morceau parfait pour Ariane Daguin qui s’est dite satisfaite de la soirée et de la semaine. Il est vrai que tenir ainsi, contre vents et marées, pendant un quart de siecle a New York, il y a de quoi se réjouir. Loin de se laisser aplatir, elle a su transformer l’essai. A l’instar de d’Artagnan, Ariane Daguin doit cacher quelques bottes secrètes. Des secrets que l’on ne trouve que dans le Sud-ouest.