Sami Frey et son premier amour

Ils se sont croisés mais ne se sont pas connus. Pourtant, les noms de Sami Frey et Samuel Beckett sont souvent associés au théâtre. En 2007, le comédien lit Cap au pire de l’écrivain irlandais au Théâtre de l’Atelier quand Laura Pels, directrice du théâtre, lui présente le texte de Premier Amour. « J’ai accepté de le mettre en scène et de l’interpréter parce que ce texte m’a touché personnellement. J’y ai trouvé des résonances » dit-il.

Après de long mois de préparation sur les bancs de Paris, « un travail de longue haleine », Sami Frey se présente, seul sur scène, et raconte son premier amour, celui de Beckett, avec un humour déroutant, bien souvent cruel. Ecrit en 1945, la nouvelle ne fut publiée qu’en 1971. « On sent que ce texte à été revu par quelqu’un de plus mûr, avec plus de vécu. Il avait 39 ans quand il l’a écrit, mais il ne l’a pas publié. Jérôme Lindon a retrouvé le manuscrit en 1969 et Beckett l’a alors repris… à 63ans. C’est de ce nouveau regard dont je me suis servi » nous dit-il.

Samuel Beckett et Sami Frey se sont donc croisés : « C’était en 1963. Je jouais dans Le Soulier de satin Théâtre de l’Odéon, mis en scène par Jean-Louis Barrault. Il était souvent là, mais je ne l’ai pas connu. Je l’ai découvert très tard » nous raconte-t-il. Pourtant, le comédien se sent lié à l’écrivain. « C’est un auteur qui est proche de moiCes textes sont imprégnés d’une humanité profonde. C’est ce « tout dire » qui me touche, cette non-intellectualisation du propos ». Une humanité dans le texte et dans l’interprétation de Sami Frey qui permet de toucher un large public et à la pièce de s’exporter.

Encensé par la critique en France, le comédien sera donc à New York pour deux représentations au Florence Gould Hall du FIAF. A cette occasion, le comédien quittera le Théâtre de l’Atelier et découvrira pour la première fois le public américain. «Je suis venu à New York pour voir cette salle, et j’ai imaginé un nouvel espace, délimité et contraignant. Un autre décor que celui que j’avais au Théâtre de l’Atelier qui était composé principalement d’un rideau de fer. Cette pièce peut être interprétée n’importe où dans le monde et toucher tous les publics. Mais je n’en dirais pas plus sur ce nouveau dispositif car je vais l’expérimenter pour la première fois au Florence Gould Hall».

Les 9 et 10 avril à 8:00pm au Florence Gould Hall, 55 East 59th Street (entre Park et Madison Avenues)

Prix : $40, $50 pour les non-membres du FIAF

Réservations : fiaf.org ou 212 307 4100