Sarkozy à New York, forcément ça se remarque…

Rien à avoir avec la férocité britannique (cf par exemple le Times de Londres qui qualifie la prestation de “terne et monotone”), la presse américaine est plus aimable (ou moins anti-française?) quand elle juge l’apparition sur scène de Carla Bruni, samedi soir, à l’occasion du concert donné pour le 91ème anniversaire de Nelson Mandela.

Le Hollywood Reporter évoque la “fine adaptation” des deux chansons chantées en duo par Carla Sarkozy et Dave Stewart, de Eurythmics. Le New York Times est plus sévère et remarque le filet de voix de la première dame pour interpréter la reprise de “Blowin’ in the wind” de Bob Dylan. Le Denver Post résume: “la première dame de France n’était pas à la hauteur de la dive Aretha Franklin et avait l’air réservé avec sa guitare accoustique et son tailleur pantalon”.
(Pour vous faire une idée, regardez la vidéo de French Morning)


Mais le week-end présidentiel à New York n’était pas seulement musical, il était aussi sportif. Le New York Daily News ne pouvait passer à côté: le désormais traditionnel jogging de Nicolas Sarkozy dans Central Park. Le Président français y est allé de son petit tour du Réservoir accompagné de ses gardes du corps. Son visage marqué par l’effort et son T-shirt ruisselant de sueur montrent bien que le chef d’État n’a pas fait semblant samedi dernier, alors que la chaleur était au rendez-vous.

Le soir-même, tranquillement assis dans un fauteuil du Radio City Music Hall, il écoutait chanter sa femme. La veille pourtant, on avait frôlé un petit incident diplomatique comme le relate le New York Post. A l’occasion d’un déjeuner avec le Secrétaire Général de l’ONU, Nicolas Sarkozy avait commandé de la viande… dans un restaurant qui ne sert que du poisson. Plus précisément au « Bernardin », la table prestigieuse du chef Eric Ripert. Le Post se gausse: demander de la viande à un bouddhiste (Ripert est converti), ça ne se fait pas. Au passage, le tabloïd se mélange les pinceaux en expliquant que ce déjeuner avait lieu entre Sarkozy et Miguel d’Escoto Brockmann, qui est le président en exercice de l’Assemblée générale des Nations Unies. Perdu, c’était le Secrétaire général de l’organisation, le corréen Ban Ki-Moon.

«La langue française offre un passeport pour le monde »: c’est Ginette Chenard qui l’assure, dans l’Atlanta Journal Constitution. Il faut dire que c’est son métier: Mme Chenard est déléguée du gouvernement québecois à Atlanta. Et elle entend réveiller les consciences des étudiants américains, souvent trop peu impliqués dans l’apprentissage d’une langue étrangère, notamment le français. Elle explique que parler notre langue reste un plus indéniable, ouvrant des portes vers de nouveaux jobs dans dans des pays mêlant culture française et américaine : Québec, Caraïbes, Haïti… « Finalement, le français est une langue officielle dans beaucoup d’institutions internationales, comme les Nations Unies par exemple. Il est largement utilisé dans le développement à l’échelle mondiale », constate-t-elle. On apprend aussi que rien qu’en Géorgie, il existe prêt de 240 filiales ayant un rapport avec la France, ce qui représente environ 11 300 emplois. Un chiffre conséquent pour le marché du travail. En temps de crise aux Etats-Unis, il reste finalement bon de savoir s’exprimer dans la langue de Molière.

Le Tour de France entre dans sa troisième et dernière semaine. À l’attaque des sommets alpins, Juliette Macur, l’envoyée spéciale du New York Times s’est penchée sur l’alimentation des cyclistes au quotidien. Sa petite investigation nous révèle quelques données surprenantes. Elle nous apprend par exemple que les coureurs consomment entre 5 000 et 8 000 calories par jour, soit trois fois plus qu’un Américain moyen ! C’est simple, comme l’explique la journaliste, « ils mangent au petit-déjeuner, juste avant l’étape, pendant, juste après avoir passé la ligne d’arrivée, une fois de retour à leur hôtel et avant d’aller se coucher… » Autant dire que le choix du cuisinier pour les trois semaines de course reste déterminant. Au sein de l’équipe Garmin-Slipstream, c’est le natif du Colorado Sean Fowler qui a été choisi. Une première pour un chef américain sur le Tour. Même sa sœur est venue spécialement pour lui prêter main forte. Pour Sean, le souci principal reste d’éviter la nourriture avariée, les complications gastriques et tout les problèmes qui pourraient ravager les performances de ses sportifs. Pointilleux, le cuisinier « s’assure qu’il va arriver suffisamment tôt dans chaque nouvel hôtel, afin d’inspecter la cuisine dans les moindres détails. » Le mot de la fin revient à Lim Allen, le nutritionniste de la formation : « Je pense qu’ils rêvent tous de boire une bonne bière bien fraîche après chaque étape… Mais ce ne sera pas avant le dernier jour de course ! »