Sarkozy/Merkel : Je t’aime, moi non plus

Ce n’est pas la première fois ! Derrière les beaux sourires angéliques et poignées de main, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n’en sont pas à leur première discorde. C’est encore au sujet de l’Europe que les avis divergent. D’un côté Angela Merkel, Chancelière de l’Allemagne est exigeante sur la stabilité, la rigueur budgétaire et une Banque européenne qui se concentre sur une faible inflation tandis que le Président français  favorise une discipline plus souple et souhaite mettre l’accent sur la promotion de la croissance économique. « Malgré leurs différences, ils arrivent tout de même à faire des compromis» raconte Steven Erlanger du New York Times. Et si ils y arrivent, c’est peut être grâce à Herman Von Rompuy, le Président du Conseil Européen qui «a été un intermédiaire discret et apaisant» entre les hauts fonctionnaires européens «qui ne s’aiment pas trop» plaisante le journaliste du New York Times.

Dans le Wall Street Journal, Markus Walker rappelle les dernières «disputes du couple Merkel-Sarkozy». Plan de sauvetage de la Grèce, annulation en dernière minute d’une réunion prévue à Berlin en juin dernier, «la seule chose qui unit le couple est peut être son impopularité dans les sondages» se moque le journaliste. Ce qui les éloigne peut être est leur tempérament. Nicolas Sarkozy est connu comme «le lapin Duracell qui bombarde les dirigeants européens d’initiatives à n’en plus finir», alors que la Chancellière allemande est «Madame Non, qui prend des décisions après en avoir étudié toutes les facettes» s’amuse Markus Walker. Incompréhension générale entre ces deux chefs d’Etat pourtant du même âge (ils ont tous les deux 55 ans), Angela Merkel a tout de même essayé de comprendre son homologue français «en regardant des vieux films français de Louis de Funès», grâce auxquels «elle sait maintenant imiter sous le regard amusé de ses collègues allemands,  le langage du Président français, le corps crispé quand il est agité» ironise l’article du Wall Street Journal.

«La France se lance dans une grande expérience» raconte encore une fois Steven Erlanger du New York Times. «Elle veut diversifier l’écrasante majorité blanche dans les grandes écoles» explique le journaliste. Le gouvernement français souhaiterait pousser à plus de 30% le pourcentage de boursiers dans les grandes écoles (plus de trois fois le ratio actuel), «un chiffre qui se heurte à la préoccupation des grandes écoles qui craignent la colère chez les Français puisqu’il va à l’encontre d’un idéal français d’une méritocratie aveugle à la race, la religion et l’ethnicité» explique Steven Erlanger. «Le problème n’est pas l’étroitesse de l’élite mais son auto satisfaction» critique le journaliste. Il reprend les dires de Richard Descoings, Directeur de Sciences Po Paris, «ceux qui passent les tests sont extrêmement intelligents et astucieux, mais la question est : êtes-vous créatif? Êtes-vous prêt à prendre des risques? Mener une bataille? Ce sont des qualités rarement testées dans les examens».

Encore un nouvel épisode à la saga de l’été « des petites économies » du gouvernement français. Après l’augmentation de l’âge de la retraite, l’annulation de la garden party du 14 juillet, William Horobin du Wall Street Journal mentionne la lettre envoyée par François Fillon, Premier Ministre français, à tous ses ministres «leur demandant de limiter le personnel qu’ils emploient, ainsi que le nombre de véhicule qu’ils utilisent de manière à éviter d’être « ostentatoires » dans l’exercice de leurs fonctions publiques ». Dimanche après midi c’était deux ministres juniors qui démissionnaient après les scandales financiers dévoilés dans la presse. Les deux punis sont Alain Joyandet, Secrétaire d’État chargé des relations avec les pays francophones qui avait pris un jet privé pour se rendre aux Antilles pour la modique somme de 110 000 euros et Christian Blanc, Secrétaire d’état au grand Paris qui s’était fait offrir pas moins de 12 000 euros de cigares au frais de l’état (ou de la princesse) ! Mais attention, «il a accepté de les rembourser après» se moque le journaliste du Wall Street Journal. Avec deux démissions en une journée, le remaniement ministériel prévu à l’automne devrait peut être être avancé de quelques mois…