Schwar-kozy et la Guerre des Camemberts

Les conservateurs ont la France dans le colimateur, qu’on se le dise! Le Wall Street Journal prévient, la Californie ressemble de plus en plus à la France. Et sous la plume de Matthew Kaminski c’est loin d’être un compliment. La Californie lui rappelle «son ancienne maison », la France où il fut basé entre 2005 et 2008. « Ce qui est drôle c’est de constater que la France comme la Californie sont gouvernés par des immigrés bling bling, mariés à des femmes splendides et élus pour faire bouger le status quo».

Plus sérieusement, l’excès de dépense de l’Etat Californien, «dans des proportions européennes» a amené l’Etat le plus riche des Etats-Unis au bord de la cessation de paiements. Vous vous posez des questions sur l’accroissement involontaire des dépenses étatiques?  «Demandez aux Français ! (…) Une croissance au ralenti, des impôts élevés, une climat d’affaire loin d’être compétitif et un chômage élevé. Telle est l’histoire de la France depuis des décennies […] » Californie et France, même combat ! « Même dilemme : elles ne peuvent plus se permettre de supporter l’Etat Providence mais sont incapables de se réformer. »

La France s’apprête à rentrer pleinement dans l’OTAN. A l’aube des 60 ans de l’alliance, Nicolas Sarkozy s’est engagé à revenir dans le commandement intrégré, rompant avec la politique du Général de Gaulle. Le Times pointe les diffèrences qui continuent à séparer les deux pays, sur la guerre en Irak, la crise financière ou même la protection de l’environnement. Dans tous les cas, en matière de stratégies militaires les deux pays partagent les mêmes visions. Apparemment le come-back n’amènera pas le changement, la France n’a cessé de participer aux activités de l’OTAN . Alors pourquoi revenir s’interroge le Times? Un plus grand rôle symbolique en accord avec la participation militaire dans l’Alliance, avancent certains. Plus vraisemblablement une « manière de rassurer les alliés qui voient dans le projet de défense européenne un désir d’affaiblir l’Otan »

«Apprendre aux Français à prendre des risques en affaire » titre NewsWeek : « une des économies les plus puissantes du monde qui a lutté pour imposer une culture de la prise de risques ».  «Une idée lumineuse »: la loi votée le 1er janvier permettant à chacun de devenir son propre patron en 15 minutes sur Internet, «sans payer une somme fixe de charges sociales». Même si les chiffres de création d’entreprises sont en hausse, «il reste du travail: le pessisme économique reste la marque de fabrique des français ». Les raisons : « la plupart des politiciens français n’ont finalement aucune expérience du monde de l’entreprise et légifèrent en conséquence ». La faute aussi aux cours d ‘économie, « souvent enseignés avec une idéologie insidieuse ».

Buisnessweek plonge de son côté, via une enquête menée par Die Spiegel, dans la Guerre des Camemberts. Tout commence quand Lactalis, entreprise de produits laitiers annonce la réduction de la production de camembert au lait cru, raisons avancées : risque hygiénique et coûts de production. «Les journaux et les magazines dans un premier temps, y ont prêté autant d’attention qu’une attaque terroriste sur Paris ». Lactalis qui se défend de menacer la culture française : « Nous, monsieur, sommes les plus grands producteurs de fromages traditionnels ». La guerre est donc déclarée entre les gardiens de la tradition et les petits producteurs, entre le géant agro alimentaire et tradition du terroir, voyage dans le village de Camembert à l’appui. Un combat acharné fait de coups bas, de tests d’hygiène et de bactéries. Pour au final, la victoire de David contre Goliath car « ici, c’est la culture qui est en jeux, pas l’argent ».