Série noire pour le Dîner en Blanc

« Ça a été un peu le désastre, le chaos !» Aymeric Pasquier, organisateur du Dîner en Blanc, voit noir, ou rouge. Et pour cause, l’événement culinaire de l’été accumule les pépins. Tout avait pourtant bien commencé. Institution parisienne depuis 1991, le Dîner en Blanc avait massivement séduit les New Yorkais puisque la liste d’attente comptait plus de 30.000 personnes à la clôture des inscriptions. Sur le mur Facebook de l’événement, les messages d’excitation s’entassaient : « Le suspens est insoutenable ! J’espère que je vais être sélectionné», écrivait un internaute. À présent, ce sont de tout autres types de messages qui s’amoncellent : « Donc on doit ramener notre propre nourriture, table et chaises et payer $25 chacun ? Je pense que je ferais mieux d’aller au restaurant ». De quoi donner des cheveux blancs aux organisateurs qui semblent pourtant faire preuve de bonne volonté.

«Le Dîner en Blanc est une organisation à but non lucratif. On va même perdre de l’argent sur celui-ci. Je vais mettre $15.000 à $20.000 de ma poche mais je suis prêt à le faire pour conquérir New York» explique Aymeric Pasquier, en réponse à l’étonnement de certains invités face aux $50 requis pour participer. Le prix prend en charge la sécurité, les assurances, la sonorisation et le permis d’occupation d’un espace public, payant à New York. «On rêverait de ne faire payer personne mais à New York, ce n’est pas possible. » Pas possible, tout comme les feux de bengale, interdits, et l’alcool, dont la distribution reste incertaine.

Autre casse-tête, la tradition de l’alternance homme-femme autour de la table observée par le Dîner en Blanc depuis sa création. Jusqu’à présent, chaque participant était invité à venir accompagne d’un(e) ami(e) du sexe opposé. Une coutume aristocratique mal comprise à New York, qui, en plus, se remet tout juste d’un débat à couteaux tirés sur la légalisation du mariage homosexuel. Le 11 août, la fronde sur la page Facebook de l’événement était devenue telle que les organisateurs ont cru bon de d’envoyer une note à l’attention des participants indiquant: « En reconnaissance du monde d’aujourd’hui et de la récente victoire de New York dans l’obtention de la légalisation du mariage entre personnes de même sexe, le Dîner en Blanc est ravi d’accommoder tous les arrangements de placements».

Malheureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. Le 12 août, alors que ceux placés sur la liste d’attente peuvent commencer à s’inscrire, le système informatique fait des siennes. Résultat : 1.800 inscrits payent la cotisation alors que seulement 200 places sont disponibles. Les organisateurs ont présenté de plates excuses et assuré aux lésés qu’ils seraient remboursés.

Des incidents en série qui ne nuisent pourtant pas au succès mondial du Dîner en Blanc dont le concept ne cesse de franchir les frontières, avec ou sans le contrôle des fondateurs. “Il faut arriver à contrôler ce qui se passe à droite à gauche pour garder une bonne image. À terme, notre objectif est de créer un réseau mondial du Dîner en Blanc où tout le monde pourra interagir” annonce Aymeric Pasquier. Rendez-vous le 25 août à New York et on l’espère, à l’année prochaine.