Sexe: leçons françaises pour les Américains

Revue de presse. Économie, homophobie et considérations sur l’oreiller sont au programme de la revue de presse de cette semaine.

De la différence entre les Américains et les Français au lit, voilà comment résumer l’article du New York Magazine cette semaine. C’est par le biais d’une conversation entre Maureen O’Connor et Maïa Mazaurette, respectivement auteures des chroniques sexo de New York Magazine et GQ, qu’on en apprend plus sur la manière dont les Français envisagent leurs relations sexuelles. “Je dirais que la principale différence est qu’en France nous sommes beaucoup plus directs. Nous n’avons pas ces rituels de “date”; nous commençons justement avec le sexe! Et puis, si c’était convaincant ou si on se sent connecté, alors nous essayons de construire une relation”.

Les “dates” à l’américaine, un processus bien trop lent pour le Français, véritable chaud lapin : ” Le sexe avec les Américains semble tellement compliqué! Tous ces rencarts! Je pense que si je devais être avec un Américain, je devrais l’éduquer en quelque sorte. Je m’inquiéterais car il serait susceptible de penser que je suis une salope”.

En plus d’être totalement décomplexés et de s’adonner aux plaisirs charnels dès la première rencontre, les Français sont beaucoup plus libres dans leur vie conjugale que les Américains. D’après Maïa Mazaurette, c’est parce que “nous ne relions pas le sexe à l’éthique ou à la morale ou aux valeurs en général”.

Les Français n’ont donc aucun problème avec l’infidélité, on pourrait même affirmer qu’ils sont au-dessus de ça. Leur conception du couple, pour le moins archaïque, distingue clairement le plaisir du foyer familial : “C’est en fait une conception assez ancienne, c’est un peu comme si nous étions à l’époque victorienne, votre mari ou votre femme est la personne avec laquelle vous partagez les enfants, une maison, et de l’argent, mais pour la passion ou un peu d’aventure, vous allez ailleurs. Le couple n’est pas l’endroit pour l’aventure. C’est l’endroit où vous voulez vous sentir en sécurité et regarder Game of Thrones”.

Homophobie en France

L’homophobie est-elle vraiment en train de se répandre en France ? s’interroge, inquiet, Slate. La question intervient peu après la publication du rapport annuel 2013 de SOS Homophobie. Le sujet intéresse et “choque les Américains en raison du préjugé largement répandu que la France est une société tolérante”.  “Le pays est marqué par une mentalité catholique, avec une importante minorité de Français qui s’opposent non seulement à l’homosexualité mais aussi l’avortement et à la contraception”, rappelle le site.

“Pour moi, il n’y a pas de hausse significative de l’homophobie en France. L’augmentation du nombre (…) est davantage une révélation de l’homophobie existante dans le pays que la preuve de son augmentation”, explique Marc Naimark, le porte-parole de la Federation of Gay Games, dans Slate. La hausse de l’homophobie ne serait, selon lui, que l’arbre qui cache la forêt : “Beaucoup plus qu’aux Etats-Unis, la vision qu’à la France d’elle-même est fabriquée par une élite: la classe moyenne et supérieure, blanche, et en grande partie, parisienne”.  Ce qui n’est pas sans conséquence : “En France, si l’élite ne parle pas, et si le gouvernement ne comptabilise pas, il n’existe pas, et ceci s’applique à l’homophobie”.

Kerviel, de retour

Le Wall Street Journal revient sur l’affaire Jérôme Kerviel. Interpellé dimanche à minuit, l’ex-trader de la Société Générale n’a pas fini de faire parler de lui.

Le quotidien rappelle la rencontre, très médiatisée, entre Jérôme Kerviel et le Pape François, et son interpellation directe, face aux caméras, de François Hollande : “L’ancien trader a dit qu’il séjournait en Italie et refusait de se livrer à la police française jusqu’à ce que le président français François Hollande fournisse l’immunité judiciaire à un certain nombre de témoins potentiels dans l’affaire qui le concerne”.

Et si tout le monde attend la réponse du Président, ce dernier ne semble pas pressé d’en donner une: “Interrogé sur la demande de M. Kerviel lors d’un sommet de Paris sur la sécurité au NigeriaM. Hollande a refusé de répondre, disant que le moment n’était pas approprié”.